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publié le 29/10/2020
à 19:43

mardi 26 octobre 2010

BienBienBien, la fin et la suite

Par Dominique Willieme

Amis de l’internet moderne, après quelques années de bons et loyaux services à aimer internet, chérir le lol, déterrer le pire de YouTube, disséquer hadopi (tout en fantasmant honteusement sur NKM), saboter la productivité de la France qui se lève tôt – oui madame – et analyser avec une mauvaise foi exemplaire des choses qui ne méritaient vraiment pas de l’être, l’heure est venue pour BBB de tirer, en tout cas provisoirement, sa révérence.

En 3 ans, de ses mains agiles, la petite équipe de BienBienBien s’est rendue coupable de 3,000 articles, reçu plus de 18,000 commentaires et tué des centaines de milliers d’heures de notre belle compétitivité bien de chez nous.

Mais si BBB entre en hibernation, il n’est par mort pour autant. BienBienBien est un enfant hirsute qui réfléchit à ce qu’il veut devenir dans les mois et les années à venir. En attendant, il ne reste plus qu’à vous remercier d’avoir été avec nous toutes ces années, d’avoir partagé vos liens, vos commentaires, de nous avoir offert des bières aux Bullshit Bingos.

Si les commentaires de BBB sont désormais fermés et l’activité au ralenti, il n’est pas impossible qu’un billet se glisse de temps à autre par mégarde dans ces pages. En attendant, vous pouvez envoyer vos lettres de soulagement ou vos menaces de mort sur contact [at] bienbienbien.net. On vous répondra. Ou pas (et si ça ne suffit pas, vous pouvez allez voir ici, ou encore , voire et encore ou bien et : on y traîne parfois).


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vendredi 08 octobre 2010

Non mais vous pouvez dire ce que vous voulez, je vous citerai en off

Par David Carzon

Il y a deux choses qui m’ont donné cette idée à la con : le témoignage bidon et piégée d’une femme polygame dans Le Point dont on ne peut pas dire qu’il a vraiment vérifié sa source et l’autre histoire que j’ai racontée sur le site « blog, mode, lacan et coup de boule » de l’amie Titiou et qui exploite pleinement le potentiel du téléphone arabe. J’ai eu envie de me livrer à une petite expérience un peu poussée sans être exhaustive. Du data-journalisme à la volée.

Donc j’ai pris toute la presse d’actu payante quotidienne du vendredi 1er octobre et les hebdos pour relever dans chaque article, chaque fois qu’était utilisé une source ou un témoignage anonyme. Les journaux concernés : Le Monde, Le Parisien, France Soir, Le Figaro, Libération, Le  Nouvel Observateur, Le Point (forcément), L’Express, Paris Match, VSD et Marianne.

Peu de surprise à la vue des résultats dont vous avez la liste complète à la fin de la note mais la confirmation d’une pratique bien ancrée dans certains domaines. Voici les enseignements qu’on peut tirer de cette #entreprisequejemedemandeencorepourquoijemesuislancédedans.

Résultats globaux : prééminence de la politique

J’ai relevé 61 articles faisant état d’au minimum d’une source anonyme ou d’un témoignage volontairement non identifiable, articles que l’on peut ranger dans 8 catégories arbitrairement choisies par moi-même : international, politique, médias, sport, société, people/culture, justice et économie/social.

Dans le détail, 24 articles « politique » sont concernés ce qui représente 40 % de l’ensemble pour cette seule rubrique. Suivent les rubriques international (13 articles), société (9), sport (4), médias (3), people/culture (3), éco/social (3) justice (2).

Quand on rentre dans le nombre de sources citées (138 au total pour ces 61 articles donc), la prééminence de la politique est encore plus forte : 63 sources utilisées, soit 46 % de l’ensemble. Les suivants : international (21 sources), société (15), médias (14), people/culture (9), économie/social (7), justice (6) et sport (3).

International : un cas dicté par l’actu

La forte présence des sujets internationaux concerne avant tout l’enlèvement des Français au Niger et il est normal de retrouver des sources diplomatiques anonymes sur une problématique aussi délicate.

Médias : on ne cite pas les confrères

Les articles médias de cette petite expérience s’intéressent au possible rachat du Parisien par Dassault. Dans le papier de Libé, on trouve six sources non identifiées de journalistes salariés du Parisien, un anonymat respecte même quand il s’agit d’organisme représentatif, type société des rédacteurs.

Politique : pas de complexe

Dans cette liste, on peut relever trois cas un peu particuliers touchant à la politique :

Le politique est donc un domaine où les sources anonymes sont une habitude. C’est un constat avant d’être une critique. En politique, la première des choses est de se constituer un réseau d’informateurs à qui on peut faire appel pour avoir des infos dans ce milieu très fermé. Les journalistes les contactent quand ils veulent du off sur un dossier ou pour balancer de la saloperie sur un collègue.

Problème quand même à la lecture de notre petite enquête, impression confirmée par une lecture régulière de la presse, cette méthode de travail est devenue une habitude à laquelle on ne fait plus guère attention. En gros, le journaliste a le choix entre avoir du off ou demander un entretien plus officiel avec le risque d’une demande de relecture de l’interview et des propos de la part de l’intéressé, une autre pratique bien ancrée dans les mœurs.

Anonymes mais crédibles

Ce n’est pas parce que la source est anonyme qu’elle ne peut pas être crédible. La plupart du temps, elle est simplement utilisée pour protéger la source et qu’elle soit la moins reconnaissable possible. D’ailleurs, le mot le plus utilisé pour qualifier ces sources, c’est le mot « proche », on le retrouve 24 fois. Ça pourrait être n’importe quoi, mais ce mot doit rassurer sur la crédibilité de la source utilisée.

Voilà, maintenant, il faudrait faire ce travail sur la durée ou bien comparer ces pratiques avec celles de nos amis européens et américains, mais je n’ai vraiment pas que ça à foutre.

Liste des sources téléchargeable en pdf

LISTE DES SOURCES ANONYMES DANS LA PRESSE DU 1er OCTOBRE

–>

FRANCE SOIR

Les otages sont vivants (international)

Ce constat livré par un ténor du Pentagone…

Comme doit le reconnaître le Quai d’Orsay : «… »

Une source militaire nous indiquait…

Au ministère de la Défense, n’indiquait-on pas…

• Les agents d’EDF-GDF victimes d’agressions (société)

Une information confirmée par un membre d’un CHSCT d’Ile-de-France souhaitant garder l’anonymat : « … »

« … » précise une porte-parole

Témoignage anonyme d’un cadre de chez Pizza Hut

• Les stars marseillaise cibles d’un gang de cambrioleurs (société)

« … » confirme une source proche de l’enquête.

« … » confie un proche du dossier

• Plainte contre une maison de retraite (société)

« … » selon une source proche du dossier

• La vidéo de Niqabitch enflamme le Net (société)

Une des deux jeunes femmes s’explique…

• Manadou sur le point de replonger (sports)

« … » a confié l’agence (sic) une source proche du club

–>

LIBERATION

• Hirsch balance, la droite crie à la vengeance (politique)

« … » déclarait hier un de ses proches

• Surenchère sur le vert au Mondial de l’automobile (éco/social)

« … » avoue un journaliste

« … » sourit un visiteur

C’est l’avis de deux Chrysler Boys

« … » dit l’une de ses collègues

• Alberto Contador dopé à la viande (sport)

Un spécialiste de la lutte antidopage…

• Dassault affole « Le Parisien » (médias)

« … » tient à préciser un rédacteur

« … » explique un membre de la Société des Journalistes

« … » rit jaune un journaliste

«… » critique un journaliste

« … » précise un salarié

«… » soupire un journaliste

• Je suis un dompteur, pas un éducateur (justice)

« … » dit une éducatrice

« … » bredouille à la barre une employée du conseil général

« … » tente une responsable du conseil général

« … » dit Akim (les prénoms ont été modifiés)

–>

LE MONDE (daté du 2 octobre)

• Des soutiens réunis à Alger (international)

« … » raconte une participante française

• La filière voltaïque française réclame un cadre plus stable (politique)

Au cabinet de Jean-Louis Borloo, on justifie : « … »

« … » dit-on au cabinet.

Elections en Bosnie (international)

« … » commente un diplomate

• La Lettonie se tourne de plus en plus vers la Russie (international)

L’objectif serait, selon un responsable du service « … »

« … » assure le service

La police a pris prétexte de dérogations pour outrepasser la loi sur les écoutes (politique)

… ce que confirme une source à Matignon « … »

–>

LE FIGARO

• Sarkozy célèbre l’héritage chrétien (politique)

« … » témoigne un élu

• Permis à points : non au laxisme (société)

« … » poursuit un collaborateur

• Aubry refuse de se laisser dicter son tempo (politique)

« … » sourit un habitué de la rue de Solférino

« … » se demande un député

« … » pense un membre du bureau national

« … » explique un président de région favorable à Aubry

• Moins d’argent pour l’armée britannique (international)

Selon des sources proches du dossier à Paris et à Londres, …

• Polémique après l’expertise sur l’opération de Johnny (people)

« … » décrypte un proche du dossier

• L’Europe en guerre contre les trafics alimentaires (international)

« … » confie-t-on à l’Oclaesp (Office centrale de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique)

« … » confie-t-on à l’Oclaesp

–>

LE PARISIEN

• Le document décrypté par les experts (international)

Un proche de l’otage antillais (…) ne cache pas son émotion : « … »

Selon un responsable malien d’origine touarg que nous avons interrogé, « … »

« … » jugent les spécialistes

• Un homme abattu en pleine rue à Grenoble (société)

« … » confie une source proche de l’enquête

« … » ajoute la même source

• La déprime de l’ancien président (politique)

La réponse est presque toujours la même, qu’elle vienne de ceux qui ont vraiment approché l’ancien président de la République ou plus affirmative encore de ceux qui en ont parlé avec quelqu’un qui l’aurait rencontré : « … »

« … » confie un de ses anciens ministres et vieux complice

A entendre ses amis (…) « … »

« … » confie un proche

Tous ceux qui rencontrent leur grand homme « … »

« … » lance mordant un ex collaborateur du vieux président

• Villiers tire sa révérence (politique)

« … » confie un proche

• Juppé vise l’écologie ou la Défense (politique)

A des visiteurs, il a confié « … »

Il a glissé à ses proches…

Selon des proches…

• Retraites : demain, nouvelles épreuve de force (politique)

« … » avoue-t-on chez FO

• Bruno Apparu hué au congrès des HLM (politique)

« … » s’amuse un président d’officine HLM d’Ile de France

• Les liaisons dangereuses du champion (sport)

« … » répètent les proches du Madrilène

• Maxims’ fait l’impasse sur le déjeuner (social)

« … » avoue un employé

« … » regrette cet employé

• Sexion d’Assaut sanctionné (culture)

« … » assure-t-on à NRJ

–>

LE POINT

• Juppé, la tentation de Matignon (politique)

« … » , confie-t-il à ses proches

• Pas de Sled (medias)

« … » confirme l’état-major de France Télévisions

« … » explique un de ses adjoints

• Quand Fillon sort du bois (politique)

« … » persifle un ministre important et jaloux

Borloo fait savoir que « … »

« … » martèle un dirigeant de la majorité

D’éminents conseillers de l’Elysée prônent « … »

• Un mari, trois épouses (société)

Témoignage anonyme d’une femme marié avec un polygame

• Sarkozy l’immigré (politique)

« … » glisse un de ses vieux amis

• Belmondo, le bonheur à tout prix (people)

A ceux qui s’offusquent, il déclame « … »

Un autre, il laisse entendre « … »

« … » témoigne un vieil ami

« … » se souvient cet ami

« … » croit savoir un proche

« … » témoigne un proche

L’un deux murmure que « … »

–>

MARIANNE

• Les trafics de la Légion d’honneur (société)

« … » comme on dit à la grande chancellerie

• Le raid de Dassault sur le Parisien (médias)

Dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, on qualifie « … »

Le journal, raconte-t-on dans les couloirs de la maison…

« … » plaisante un cadre du groupe

« … » lâche un cacique du groupe Dassault

• Le papyvore de l’Essonne (politique)

… selon les mots de la rédaction du Parisien

« … » risquent les journalistes de l’édition 91

• Affaire Woerth-Bettencourt (politique)

«… » observent les syndicats de magistrats

« … » explique un juge parisien

Les opposants à Courroye le soupçonnent de « … »

• Xavier Bertrand, le chouchou dans le trou (politique)

«… » constate un ministre important

Selon ce même ministre… « … »

• Guerre de l’eau à Quimper (société)

« … » confie une élue

« … » affirme un conseille de quartier

–>

PARIS-MATCH

• Alexandre Pougatchev, l’apprenti tsar de France Soir (médias)

Une ancienne collaboratrice raconte « … »

Un ancien rédacteur en chef assure « … »

• Abou Zeid (international)

« … » dit un de ses anciens amis, sous couvert d’anonymat

Un agent occidental au Maghreb déclare : « … »

• Dilma Roussef, à l’ombre de Lula (international)

« … » confie un de ses conseillers

• UMP La guerre des trois aura bien lieu (politique)

« … » pronostique un sénateur influent

• Les secrets d’une longue fuite (international)

« … » me confiera un ministre nigérien

–>

LE NOUVEL OBSERVATEUR

La malédiction de San José (international)

« … » dit un journaliste local

Et si Sarkozy était battu… (politique)

Commentaire d’un ministre proche de Xavier Bertrand…

Vire-moi si tu peux ! (politique)

Comme le dit aussi un autre proche du président, conseiller de l’ombre : « … »

Dixit un responsable de l’UMP « … »

Borloo, et si c’était vrai… (politique)

Quelques bons amis le décrivent comme «… »

« … » dit un de ses proches

« … » ironise un proche du chef de l’Etat

« … » ajoute un autre conseiller de l’Elysée

« … » murmure-t-on dans son entourage

« … » dit un sénateur centriste

Tous les observateurs le reconnaissent : « … »

« … » souligne un ami des deux hommes

« … » dit un de ses plus proches amis

« … » annonce un collaborateur

« … » ironise un ministre

« … » prévient un conseiller de l’Elysée

• Le coup de bambou (social)

« … » réplique un petit industriel

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L’EXPRESS

• Guéguerre (politique)

« … » réplique un proche de Morin

• Sarkozy, pourquoi il suscite la haine (politique)

Pourtant, à l’Elysée, certains s’inquiètent d’attitudes « … »

Les chiraquiens rappellent volontiers que « … »

« … » décrit l’un de ses anciens collègues

Un ancien ministre complète : « … »

« … » pointe un ancien conseiller de l’Elysée.

«… » commente un proche

« … » souligne un vieux routier de la presse judiciaire

• Ca balance pas mal à Bercy (politique)

« … » raconte un de leurs collègues

« … » relève un ministre

• Juges au bord de l’implosion (justice)

« … » se souvient un juge d’instruction

« … » s’alarme un procureur

• Dilma, l’élue de Lula (international)

« … » confie un collaborateur de longue date

–>

VSD

• Eric Besson : Capri, c’est pas fini (politique)

« … » fulmine son entourage

• Qui sont les kidnappeurs du désert ? (international)

« … » a raconté un médiateur malien


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samedi 02 octobre 2010

Le Courrier du LOL #3

Par Romain

Bon sang, on a un courrier du LOL en stock. On va pas s’en priver, non ? Si ? Non !

Bonjour

Serait-il possible d\\\’avoir votre email pour rentrer directement en contact avec vous ?

Bonne journée : )

Lucas
Voyages-sncf.com

Bonjour,

\\\non.

Dom
BienBienBien.net

Photo Flickr CC greg92_09


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mercredi 15 septembre 2010

Logos, vertiges, trous et Hitler, la journée en 10 liens

Par Dominique Willieme

C’est peut être l’effet rentrée – tiens si j’allais acheter mon nouvel iSuperConquerant – mais le web fourmille de bonnes choses cette semaine. Histoire de s’assurer de passer une matinée bien improductive à faire consciencieusement s’effondrer le PIB du Poitou-Charentes, le début de la semaine en dix liens, parce qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien.

On commence avec Logorama, court métrage d’animation bien de chez nous qui a élégamment remporté un Oscar et qui est en intégralité sur Vimeo. Voilà qui devrait tranquillement tuer un bon quart d’heure pendant la réunion avec la compta.

Si jamais le debriefing sur les nouveaux modes de reversement de TVA intra-communautaires s’étale un peu, on pourra toujours s’extasier sur le 25e anniversaire de Super Mario (et se demander exactement à quel moment il est devenu nécessaire d’avoir un doctorat en physique nucléaire pour jouer à ce jeu).

Parce que c’est la pause et qu’il faut bien se dire quelque chose à la machine à café, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le trou qui permet de ravitailler les mineurs chiliens mais que vous étiez trop occupé à jouer à Super Mario pour demander.

Vous avez le vertige et il est bientôt l’heure de déjeuner ? Ne regardez surtout pas cette vidéo sur les gens qui réparent les tours de transmission. Surtout pas. Vous nous avez bien entendu. Surtout pas (NSFLunch).

Oh, un chat avec marqué « chat » dessus. Si tout se passe bien, il devrait être en vente sur eBay dans pas trop longtemps.

Sans conteste le site du moment, Hipster Hitler, parce que depuis qu’on ne peut plus coller la vidéo du führer qui s’énerve sur YouTube, fallait bien passer le temps quand même.

Toujours coincé avec les gars de la compta ? Vous faites partie intégrante de la dynamique équipe de comptabilité ? Allez donc faire un tour sur le nouveau Twitter voir si on y est. Ah ouais, tiens, on y est.

Les jeux vidéos soviétiques sont classieusement vintage.

Le type qui vend le plus de sortes de soda aux US refuse de vendre du Coca et du Pespi et explique pourquoi dans un documentaire qui devrait tranquillement tuer ce petit quart d’heure que vous auriez sinon inutilement gaspillé a essayer d’être productif.

Et pour bien finir, un petit mot du gars qui détient les données personnelles d’un demi-milliard d’entre nous : « Dumb Fucks ». Alléluia.


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mercredi 08 septembre 2010

T’as une voiture de fonction toi ? Non, j’ai juste Facebook

Par David Carzon

Médiateur de conversations interactives, animateur de communautés, gestionnaire de communautés, manager de communautés, responsable de réseaux sociaux, animateur de réseaux sociaux, modérateur, influenceur : autant de termes pour désigner le community manager, cette nouvelle race d’employés précaires chargés de faire le lien entre une personne, une société, une marque, un journal, une association… et les internautes.

Donc une profession qui n’existait pas vraiment avant le web 2.0 et qui n’existera pas non plus après tant ce terme est devenu fourre-tout aujourd’hui. En gros, dès qu’on fait semblant de créer du lien avec l’internaute, on a un community manager dans son entreprise. En plus ça fait bien. Ce métier est devenu tellement tendance qu’il a même droit à son livre qui vient de sortir et qu’on n’a pas lu, et – apparemment ce n’est pas rien – « le célèbre cabinet Michael Page a intégré ce poste dans son Guide des Métiers 2010 ». Mais il est à peu près évident que de la gestion de communautés, on est en train de glisser à la gestion des relations entre une marque et des consommateurs. Ce n’est pas antinomique, mais c’est réducteur.

Ce nouveau métier, ce sont ceux qui le pratiquent le plus qui en parlent le plus. Une rapide Googlenquête et on trouve un paquet d’interviews de community managers, jeunes, beaux, so 2010… Voilà donc ce qu’est le community manager.

Rudy

« Véritable relais avec les communautés on et off line, il fluidifie les échanges et permet de communiquer autrement. Il améliore les synergies entre les membres et fait grandir cette dernière. Le community manager est de fait une véritable plateforme d’inter-échanges profitables aux deux parties que sont les marques et leurs communautés. »

Emilie

« Il n’y a pas d’école à proprement parler ; l’idéal est d’avoir plusieurs expériences dans des sites de e-commerce ou dans des sociétés qui veulent maintenir des relations étroites avec leurs communautés de clients. Il faut surtout s’imprégner de la « culture en ligne ». J’ajoute beaucoup de valeurs par rapport aux contenus générés par les internautes. Mon rôle, c’est d’utiliser les informations constructives ou moins constructives pour les faire revenir, les savoir plus heureux. »

Christophe

« C’est une personne qui va assurer le lien entre les consommateurs sur les réseaux sociaux et l’entreprise. Ça va dans le deux sens : par l’apport d’information, par la récupération de feedback, par la fidélisation de la part de l’entreprise dans des opportunités business ultérieures. J’ai découvert des techniques qui fonctionnaient plus ou moins bien, et je favorise celles qui fonctionnent le mieux. »

Florian

« Tout simplement de faciliter l’échange entre les membres de la communauté où entre la communauté et l’entreprise. Le CM est un point stratégique puisqu’il est au carrefour entre la communauté et l’entreprise. Par exemple c’est lui qui va avertir la communauté du lancement d’un jeu concours, d’une offre promotionnelle. Comme on est en période de fête je dirai que le CM est le père noël d’une commuauté, il se doit de faire des cadeaux aux membres, que ce soit une information, une réponse, une offre… »

Et son rôle va même plus loin car il peut être à l’origine de happenings à caractère divertissant mais instructif, une sorte de GO des temps modernes, comme ce mail envoyé à une gentille lectrice de BienBienBien (on a été sympa, on a caché certains détails).

« Salut

C’est la rentrée des classes Bescherelle à l’école ***** ! Une kermesse sera organisée pour l’occasion, alors si tu as envie de retomber un peu en enfance le temps d’une soirée, confirme moi ta présence. Tu auras le droit de crier « VA T’ACHETER UN BESCHERELLE ! » comme tu le fais si bien sur twitter, mais aussi prouver que TOI tu n’en a pas besoin (ou pas) Bon je garde encore quelques surprises pour la soirée sous le coude, sinon c’est pas drôle »

Donc, vous avez compris, le community manager, il passe ses journées sur Facebook, il poste des messages à caractère infomercial, il donne des tips aux consommateurs et surtout il répond à des interviews pour essayer d’expliquer son métier.

Vous ne voyez pas où je veux en venir ? non ? mais bon sang, c’est pourtant clair :

JEAN-MICHEL JARRE AVAIT RAISON.

Parce que bon, il est bien beau le discours du web au service de l’internaute, mais quand même, tout ça reste au service de l’internaute seulement si celui-ci accepte les règles d’un jeu qu’on lui impose. Pour Jean-Michel Jarre, qui a dû s’y reprendre à deux fois pour bien préciser sa pensée, l’Internet est « devenu l’outil marketing le plus brutal, cynique et intrusif ». Bon, la suite de la démonstration est moins probante : « La prochaine révolution culturelle viendra des enfants d’aujourd’hui (qui) vont voir dans le net un mensonge horrible et une exploitation qu’ils vont rejeter ». En ce qui concerne les enfants d’aujourd’hui, faudrait peut-être lui parler des Justin Bieber et compagnie, à Jean-Michel.

Parce que du coup, il faut peut-être lui dire qu’on va attendre les petits-enfants pour la révolution.

(Photo CC flickr by Luberon)


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vendredi 03 septembre 2010

Ping, le réseau des fayots

Par Henry Michel

Après la merveilleuse expérience que nous fit vivre Google et son Google Wave, un nouveau géant-qui-n’a-rien-à-voir-avec-les-réseaux-sociaux, Apple, nous propose « Ping – le réseau social d’Itunes 10″. En bon blog High Tech & Sports qui se respecte, BBB ne pouvait passer à côté d’un test en toute objectivité.

Le Pitch

Ping, en cas d’échec, aura eu le mérite d’avoir immédiatement très mal commencé. Outre son nom sacrilège pour tout geek qui se respecte, sa définition fièrement proclamée par Steve Jobs pendant la Keynote rappelle encore une fois l’ignorance et/ou la maladresse qui animent les géants du net lorsqu’il s’agit de traiter des réseaux sociaux  : “Ping est la rencontre entre Twitter, Facebook et Itunes”.

C’est un peu comme si une entreprise de restauration scolaire, soucieuse de faire aimer les légumes aux enfants, décidait de créer un plat à base de frites, de glace à la fraise et de salsifis, de nommer le tout “Bonbec” – un nom qui n’a pas grand chose à voir avec le plat, mais qui peut plaire aux enfants. Et d’annoncer fièrement, devant les gamins ébahis : “les enfants, ce plat, le “Bonbec”, est la rencontre entre les frites, la glace à la fraise, et les salsifis. Enjoy.”

Tout d’abord, la “fusion” entre facebook et twitter est une sorte de Graal inutile, poursuivi sans cesse par une myriade de réseaux sociaux d’un jour, qui passent si vite devant nos écrans qu’il faut faire un voeu dès qu’on en croise un. Souvenez-vous de Friendfeed (LOL).
Pour rendre la tâche plus facile, Apple a décidé d’intégrer à cet objectif impossible iTunes 10. Ou, si vous préférez, le logiciel le plus impopulaire de tous les temps, si impopulaire que même les utilisateurs de Macs EUX-MEMES daignent avouer qu’il est “perfectible” (ce qui équivaut en language humain, nul à chier). N’ayons pas peur des mots : Itunes est aux logiciels ce que Voyages-sncf.com est au web français.

Mais comme on aime quand même vachement la glace à la fraise et les frites, on a décidé de télécharger Itunes 10, Ping Inside.

Le démarrage de Ping

On a donc commencé à télécharger Itunes 10. Nous avons profité de ce temps précieux pour continuer nos vies – des membres de BBB sont devenus papas, d’autres sont partis vivre à l’étranger, sont revenus boire des pots à Paris, puis sont repartis. Nous avons passé un été studieux, à penser à une V2 de BBB qui finira bien un jour par poindre son nez. Certains ont rencontré l’amour, puis ont connu des ruptures. D’autres ont changé de travail, d’autres se sont fait virer, certains ont écrit de bons posts, Romain a continué à écrire les siens, on a pu mater l’intégrale de Star Trek en DVD, Nora en a profité pour traduire “Ulysses” de James Joyce en picard. Puis le téléchargement s’est terminé : Itunes 10, nous voilà.

Les premiers pas dans Ping évoqueront à ceux qui ont connu Second Life ces grands moments de conquête solitaire dans la désertitude d’un sex shop. Aucun moyen dans Ping de retrouver facilement vos amis twitter ou facebook – vous devez taper dans un champ de recherche les noms et prénoms de chacune de vos connaissances. C’est dans ces moments-là d’ailleurs que vous réalisez ne pas connaître l’identité civile de personnes avec qui vous blaguez sur vos selles le matin même dans twitter.
Puis vous vous rappelez du nom d’un gars, et alors que vous êtes sur le point d’abandonner, ne vous rappelant pas d’un second ami IRL, Ping vous conseille quelqu’un !!

Qui est ce clochard ? Aucune idée. On s’inscrit sur Ping pour retrouver ses amis et écouter des artistes, on nous propose une fusion super sayan de Diam’s et Pierre Sankiowski. Néanmoins, la mort dans l’âme, on suit le troupeau, et on follow. Parce que c’est la honte de n’avoir qu’un ami dans la liste, parce que ce monsieur doit être très intéressant pour avoir 22000 followers, et parce qu’on aimerait bien finir par connaître le secret de cette barbe improbable. Après enquête, il s’avère être un producteur américain, à l’origine entre autres de “Walk this way” de RUN DMC feat. Aerosmith. Ce qui explique la barbe.

Parlons musique

Avec toutes ces histoires, on en aurait oublié presque de parler musique. Car Ping, c’est avant tout découvrir et faire découvrir de la musique, par le biais de ses relations et de ce qui « buzze ».
Afin de mieux vous orienter, Itunes vous demande quels sont les styles de musique que vous préférez. Et dans le monde d’Apple, vous ne pouvez aimer que 3 genres. Faites pas chier. On choisit “Electronic”, “Jazz”, et “Hip Hop/rap”, afin de voir ce que Ping a comme recommandations dans ces 3 genres, moins médiatisés que les autres.
Le résultat est surprenant.

Voilà un bel exemple de défrichage. Rien de mieux que Ping pour vous conseiller, à la manière d’un sommelier à Auchan, des petites raretés pleines de poussière que vous n’avez jamais goûté. Et puis complètement raccord à vos gouts musicaux. On aime le jazz suave de Lady Gaga, la techno minimaliste de Linkin Park, et les lyrics explicites de Yo-Yo Ma. Quand à ce “U2”, jamais entendu parler. Donnons-leur une chance. Enfin un marketing musical équitable.

Une impression désagréable

Si nous ne pouvons pas faire confiance à la machine Ping pour proposer de nouveaux artistes pertinents, faisons confiance à l’humain. Pour conseiller vos derniers coups de coeur à vos amis, vous pouvez à tout moment dans l’iTunes Store “liker” vos artistes du moment.
Mais la sensation est étrange : tout se passe dans l’iTunes Store. Et depuis le streaming et même avant que le streaming n’existe d’ailleurs, en tout cas on parle pour nous, on n’a pas souvent souvent téléchargé un morceau dans l’Itunes Store (on téléchargeait sur d’autres plateformes légales, of course).

On s’interroge vraiment sur ce que Ping attend du procédé. Exemple : on “like” un album, qu’un ami B ne connait pas. Ping s’attend-il vraiment à ce que l’ami se dise “Hey, BBB aime cet album, je vais immédiatement l’acheter 10€ pour me faire ma propre idée” ? Come The Fuck On – et s’il vous plait, ne nous parlez pas des previews de 30 secondes, qui ont le génie de ne jamais diffuser la bonne partie du morceau.
Non, l’ami B va surement faire comme tout le monde : il va aller sur deezer ou spotify se l’écouter, se faire un avis, et s’il lui plait, le garder, ou se le procurer par des moyens que la décence ne nous autorise pas à révéler ici.

Ou alors c’est nous qui ne sommes pas normaux – à en voir les chiffres, BEAUCOUP de français achètent de la musique sur Itunes. Respect. C’est cette France invisible que l’on ne croise jamais dans la rue, peut-être la même que l’on voit dans “Du côté de chez vous” sur TF1, ces propriétaires qui recyclent de vieilles chaises de décharge pour décorer une maison à 4 millions d’euro.

Le malaise s’approfondit quand on découvre nos nouveaux amis kiffer les suggestions de Ping, et se rouler en hurlant de bonheur dans un single de Linkin Park, carte de crédit à la main.
Sur les pages des artistes, l’“e-conversation” avec les fans est non seulement unilatérale, mais surtout, très très unanime.

Peu de place pour le LOL : créer une fausse identité de troll est une démarche moins rapide et plus contraignante sur Itunes qu’ailleurs. Vous pouvez changer le nom de votre compte, mais quelque part, réside toujours la sensation qu’Itunes possède votre numero de carte bleue. On ose moins faire les malins ou exprimer le fond de sa pensée perverse à Katy Perry.

Le Bilan

A Ping, on préfèrera bien évidemment les options communautaires de Spotify, qui certes sont perfectibles, mais à la lumière de la création d’Apple, deviennent géniales. Et surtout gratuites.
Tout cela rappelle les premières sensations à l’usage du Velib, Velov et autres vélos municipaux pour les citadins sédentaires que nous étions : c’était cool, mais au bout de 5 minutes on avait réalisé que c’était du VELO, et qu’il fallait pédaler, quoi. Et qu’on n’était plus habitué. Ping, c’est pareil en moins bien : c’est moyen cool, et au bout de 5 minutes on réalise que la musique chez Apple est payante, quoi. Et qu’on n’est plus habitué.
Dans ce dilemme entre maladresse et régression, que faire ? Comme l’a si bien rappé Yoyo-Ma : Fight The Power.

Ping, dispo dans Itunes 10, chez Apple.
Spotify, c’est ici.
Romain avait testé Google Wave


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mercredi 01 septembre 2010

Pourquoi sont-ils si méchants ?

Par David Carzon

Pour faire un peu de remous avec un article, y’a pas 36 solutions, plutôt 3 en fait : il faut soit une putain d’info (attention sur Eric Woerth, ça va finir par être périmé même si les ressources semblent inépuisables), soit du cul, soit de la polémique. Dans ce dernier cas, pas question de jouer les vierges effarouchées, il faut y aller à fond quitte à en rajouter des caisses. C’est ce qu’ont fait Les Inrocks et Libé. Prenons d’abord  l’article des Inrocks sur Jeff Buckley. Un cas d’école qui contient tous les ingrédients (raccourcis, mauvaise foi absolue, coups bas…)  et qui atteint largement son but. Sans juger sur le fond, tentons de décortiquer les recettes d’un succès.

« ça casse »

C’est le titre de la rubrique. C’est court, c’est bref, on sait où on est : ça va tailler, ça va tâcler au niveau des genoux, ça va refaire le portrait, ça va élimer du prépuce… Tout cela pour mettre le lecteur dans la position de celui qui ricane avec l’auteur ou dans celui qui défend le martyr. Bref de celui qui va lire et réagir. Attention toutefois à ne pas décevoir la promesse initiale.

« Il doit sa reconnaissance à une mort prématurée, noyé dans un affluent du Mississipi »

Et pour bien casser, il faut casser vite et fort : on peut gager que rabaisser quelqu’un jusque dans la mort provoque inévitablement un minimum de réactions indignées. Commentaires assurés. Surtout que Jeff Buckley avait déjà eu la reconnaissance du support pour lequel l’auteur écrit, avant sa mort. Très bon moyen pour provoquer la mémoire des anciens lecteurs des Inrocks qui ne manqueront pas ainsi de ramener leur fraise… Re-commentaires assurés.

« Grace c’est le Musso du mélomane, un amas de reprises toutes plus suffoquantes les unes que les autres, emmenées par un bellâtre mou du genou qui se loupe jusque dans la mort. »

Autre exploit. Déjà comparer Jeff Buckley à Guillaume Musso, c’est comme mettre sur le même plan Didier Barbelivien (un auteur-compositeur prolifique) et John Kennedy Toole (un écrivain mort jeune devenu culte, lui vraiment pas de son vivant). Ça ne veut rien dire ? C’est exagéré ? Vous n’y êtes pas. Ce qui importe, ce sont les réactions que ça provoque. Rabaisser son sujet – on l’a dit – est un moyen très efficace pour mettre de l’huile sur l’ire de vos lecteurs. Une petite chance en plus : que le nom de Musso fasse s’esclaffer franchement ceux qui avaient envie de ricaner avec l’auteur. Eh hop, ceux-là, ils sont dans la poche. Je passe sur l’autre moquerie concernant les circonstances de la mort et une considération d’ordre physique et gratuite, des outils qui ont fait leur preuve, mais qu’il est toujours bon d’employer à plusieurs reprises pour entretenir cette colère.

« Jeff doit l’intégralité de sa courte carrière à Tim »

Dans ce genre d’exercice, il ne suffit pas de s’en prendre au soi-disant talent de sa cible. On pourra toujours vous reprocher un manque d’objectivité. C’est une faille majeure dans laquelle tombent souvent les amateurs. Il faut donc donner une image négative de la personne, lui trouver des défauts grossiers. Si vous dites que telle rock-star est camée, cela aura une image plutôt positive. En revanche, lui coller les traits d’un arriviste qui ne mérite son succès et qui a profité de la notoriété de son père est une bonne méthode, utilisée dans ce cas. L’auteur est d’autant plus méritante que le père de Jeff Buckley est mort quand celui-ci avait neuf ans. Mais dans ces cas-là, ne tergiversez pas, usez de raccourcis grossiers, ne soyez pas timide, plus c’est gros plus ça passe. La preuve. Le piston au-delà de la mort, c’est beau en plus. Tous les Gainsbourg, Gavras, Garrel, Cassel, Coppola, Depardieu, Doillon, Hands, Littel… apprécieront.

« Même dans sa mort, Jeff Buckley aura fait dans la grossière imitation. »

On l’a dit, on le répète, n’hésitez pas à en faire des tonnes sur les moqueries concernant la mort, c’est ce qui donnera du rythme à votre article et des repères aux lecteurs, les moqueurs ou les outrés.

« Le bonhomme est une contrefaçon à lui tout seul. J’en veux pour preuve sa notoriété musicale basée sur les reprises. »

Voilà une attaque tout à fait intéressante. Parce qu’inévitablement, vous allez vous prendre dans la tronche les érudits du rock qui vont vous ressortir toutes les stars qui n’ont fait que chanter les textes des autres, ou celles qui ont vécu de reprises. Votre effet recherché est atteint et doublement : il va y avoir des commentaires sur votre site et ceux qui le feront sur ce thème ne pourront pas s’empêcher de se la jouer donneurs de leçons, ce qui aura une tendance naturelle à les discréditer et à les faire passer pour des gros cons auprès du nouveau public que vous êtes en train de conquérir.

« 750 000 exemplaires écoulés en 1995, mais qui ne suffisent pas à compenser l’avance octroyée par Columbia. Une noyade plus tard, le label rentre dans ses frais. »

C’est un coup de génie. Induire comme condition – dans un magazine comme les Inrocks – que pour être une rock star digne de ce nom, il faut rapporter un max de thunes à sa maison de disques dès le premier album, c’est sublime, forcément sublime. Rien d’autre à dire que bravo.

Autre exemple avec la série d’été de Libé sur ceux qui les énervent et qu’ils ont envie de descendre. Mais l’exercice est un peu différent: autant Les Inrocks s’attaquaient à une icône, autant Libé s’en prend à un ringard.

Pourtant, la logique est la même : interdiction d’y aller avec le dos de la cuillère même si ça peut faire très mal. Exemple avec le papier sur PPDA.

« Il faut toujours tirer sur les ambulances »

Voilà une belle entrée en matière. Désamorcez d’entrée de jeu la principale critique que l’on pourrait vous faire de vous faire un loser..

« Je préférais quand Bouygues le salariait à 100 000 euros par mois, avec l’argent d’une chaîne que je ne regardais pas. »

L’emploi du « je » place d’emblée le papier dans contexte subjectif. Pas de tromperie sur la marchandise, c’est un point de vue assumé. Sur le fond, dans cette phrase, l’auteur place sur un même plan, un salaire exorbitant et un employeur peu estimé. Un peu poujado mais on ne fait pas de double calotte sans casser des œufs.

« Pas de problème de doc, grâce au seul journaliste à avoir donné plus d’interviews qu’il n’en a recueilli »

Du velours. Une seule phrase pour à la fois remettre en cause la réalité du travail journalistique du sujet et exprimer la place prépondérante de son narcissisme, l’effet recherché est forcément atteint.

« il devient en 1975, un an après son arrivée et l’élection de Giscard, chef du service politique, ce qui tombait bien car Patrick Poivre avait été vice-président, en 1970, des Jeunes républicains indépendants, le mouvement de jeunesse du parti de VGE »

Le tacle historique. La coup de boule « Lagarde et Michard ».Très précieux pour rappeler certaines vérités. Cela nécessite beaucoup plus de moyens que la simple vanne sur le physique. Il faut de la mémoire ou un service de documentation. Mais si vous trouvez la faille, votre article devient inattaquable. En l’occurrence ici, le propos général qui est de démontrer que PPDA est loin de l’image de rebelle qu’il se donne, en sort renforcé.

Cette année, ce sont donc Les Inrocks et Libé qui ont joué les Materazzi Zidane de service. Pour l’an prochain, on attend le « ça fracasse les rotules » du Figaro sur Finkelkraut, le « on va te briser » du Nouvel Obs sur Jean Daniel ou encore le « on a fouillé tes poubelles » de l’Express sur BHL. Ça va chier


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mardi 31 août 2010

Les gosses qui dansent font recette

Par Romain

Bon, il semblerait que contrairement à notre annonce d’hier, ce ne soit pas encore la fin du monde. La faute à Apple qui aurait prévu un apéro Facebook demain et qui a demandé à ce qu’on retarde l’événement. Pour nous faire patienter, quoi de mieux que de regarder des gosses qui dansent sur un titre des Stomp ? (oui, je sais, c’est probablement pas les Stomp, mais ça y ressemble).

Depuis Evian, les bébés qui gigotent, ça fait recette et ça n’est pas tombé dans l’œil d’un aveugle chez les Mad Men de Gap Kids (merci à Nora). Alors, on prend une brochette de gamins de dix ans et on les fait danser et c’est super meuggggggnon et on va tous acheter du Gap Kids même si on a pas de moutard :

Et c’est encore moins tombé dans l’œil des plagieurs francophones. Ainsi Décathlon a tiré le premier avec son Domyos Kids, et le magasin ne s’est même pas fatigué à trouver une autre musique. Seule originalité, les enfants épellent D-O-M-Y-O-S ce qui laisse penser que Luc Chatel fait quand même et malgré tout du bon boulot :

Attention, on ne confondra pas tout ça avec la chaîne de magasins Kiabi qui elle aussi met en scène des enfants mais l’a déjà fait l’année dernière en 2009 avant même Gap Kids (bon, honnêtement, on n’est pas remonté dans les archives pour vérifier si Gap Kids l’avait (ou pas) aussi fait lui aussi l’année d’avant parce que hein, ça va bien comme ça). D’ailleurs Kiabi remet le couvert cette année, mais leur chanson, c’est Sliimy (qui chante en anglais, je le précise vu qu’à l’écoute du titre, on a un peu l’impression qu’il a du caoutchouc dans la bouche) :

Ouais, super ! C’est la rentrée des classes ! Et on vous rappelle que le sweat à capuche est à 11,99 euros chez C&A.

Bon. Ok, on vous avoue. C’est Henry Michel qui nous a forcé. Il nous a dit : « les mecs, la rentrée, c’est chaud : j’ai plus rien pour habiller mes gosses, si vous pouviez faire un petit billet sponsorisé, ce serait vraiment sympa de votre part ». Nous, on a pas osé dire non alors qu’on a bien conscience que c’est pas vraiment dans la politique éditoriale du blog. Mais comme la main qui n’est pas dans notre portefeuille est sur notre cœur, on a dit : « banco, personne s’en apercevra ». Là, Henry Michel a fondu en larmes et nous a remercié avec la liste des noms qu’on devait placer : Domyos, Decathlon, Kiabi, C&A et Gap Kids. Vous auriez fait pareil. On laisse pas un pote dans la panade.


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mardi 24 août 2010

Le kamasutra en version not safe for Tron

Par Dominique Willieme

Nerds que vous êtes, réjouissez vous. Parce qu’après avoir téléchargé 37 applications kamasutra gratuites sur votre iPhone 4G, vous être rendu compte qu’Apple aime à peu près autant la gaudriole qu’un pasteur mormon dans le coma. Et vous ne savez que faire pour accommoder votre sain amour de la fesse avec une passion totalement anormale pour la chose technologique.

Dieu merci, la règle 34 existe et grâce à elle, on peut désormais se mater le Kamasutra Tron-Style. Parce qu’il n’est jamais inutile de sa faire rappeler les fondamentaux de la position de la double brouette inversée genoux posé par un couple en spandex blanc avec un casque de vélo sur la tête.

Sur le site, on explique en substance que la démarche est un hommage au progrès technologique, 28 ans après la sortie du film d’origine. Mais surtout, qu’il faut combler un manque parce que figurez vous ma brave dame, le web manque définitivement de porn-romance geek friendly.

C’est désormais réparé. Les conséquences sur votre couple ne seront jamais les mêmes (via Kottke).


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lundi 23 août 2010

Opérateurs mobiles : tous PREUM'S

Par Romain

Parmi les autorités de l’État, hors feu le CSA et feue l’HADOPI, il y a l’ARCEP, l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes. Cette organisation a entre autres buts d’attribuer les fréquences aux opérateurs de téléphonie mobile (coucou Free) et des tas d’autres occupations primordiales comme de vérifier la qualité du service mobile en France.

À cette occasion, l’ARCEP a sorti son rapport en juillet dernier sur la qualité du réseau français testée entre septembre et décembre 2009. Le document (passablement ennuyeux) explique la méthodologie et présente les résultats à qui veut les interpréter. Ce sont Bouygues, SFR et Orange qui financent en partie ce test, mais il va sans dire que l’autorité règne en grande prêtresse sur la façon de procéder : elle ne prévient jamais des jours où les enquêteurs vont frapper pas plus qu’elle ne donne la liste des villes « testées » tirées au sort.

La chose se déroule sensiblement comme suit. Deux enquêteurs, l’un est avec un téléphone mobile (choisi parmi les meilleures ventes, il s’agit d’un Samsung F480 pour Bouygues et Orange et d’un Samsung L760 pour SFR), l’autre attend devant un poste fixe, le premier appelle pendant deux minutes (ou cinq, ça dépend) et ils se parlent. Je ne sais pas vraiment ce qu’ils peuvent se raconter, mais j’imagine :
– Opération Alpha Roméo, ici Ouistiti Malicieux.
– Ouistiti Malicieux, je t’écoute.
– Je commence par l’alphabet vérifie bien que tu entends toutes les lettres. A. B. C. D. E. F. G. H…

J’écris ça, parce que quand ils ont fait le test avec les SMS, ils envoyaient systématiquement les « 26 lettres majuscules de l’alphabet ». Mais peut-être qu’ils se sont raconté d’autres choses. On ne saura ja-mais.

Quoi qu’il en soit, nos compères ont testé les réseaux d’un côté puis de l’autre, ils ont échangé les binômes, ils ont mélangé les téléphones et les opérateurs et chacun est rentré avec ses conclusions à rédiger, ses « impressions d’écoute ». Pour montrer le grand sérieux avec lequel cette enquête est réalisée, l’ARCEP n’hésite pas à fournir les grandes lignes de la formation suivie par chaque agent pour s’assurer qu’il puisse « identifier les perturbations typiques pouvant survenir sur les réseaux mobiles numériques (écho, bruit métallique, grésillements,…) », associée à une phase « d’entraînement (début et fin de chaque phase de mesures) à l’étalonnage de la qualité auditive d’après des enregistrements sonores, et contrôle de la dispersion des résultats ».

Rien n’a été laissé au hasard.

Une fois toutes les mesures faites, grâce à de très chouettes formules statistiques, l’ARCEP a livré des tableaux indiquant les résultats selon l’opérateur par rapport à une valeur de référence moyenne tout aussi chiante à calculer semble-t-il. La méthodologie ayant évolué depuis 2008, l’ARCEP reconnaît certaines limites à l’exercice de comparaison, mais nos amis les opérateurs mobiles n’ont pas hésité à se pavaner dans des exercices d’auto-félicitations mirobolants.

Orange a lancé une grande campagne d’affichage sobrement intitulée « Youpi » :

On y apprend que la société est le « premier réseau mobile 3G+ » avec une précision d’importance en renvoi dans le bas de l’affiche : « Orange premier ou premier ex-æquo sur 49 des 59 critères mesurés par l’ARCEP ». Au vu des résultats, c’est plus souvent ex-æquo que premier :

Mais ce n’est pas grave, Orange est premier. Et ça tombe bien parce que SFR est également premier ! Alors pas sur le réseau 3G+, non, mais il est « numéro 1 sur la qualité parfaite des communications pour la sixième année consécutive » :

De même, le petit renvoi explique que « SFR est arrivé le plus grand nombre de fois premier ou premier ex-æquo sur le critère ‘qualité parfaite’ des communications Voix ». Moins d’enthousiasme pour l’ARCEP : une « communication parfaite » c’est « si elle est réussie » (c’est-à-dire que vous avez obtenu votre interlocuteur) et « si la qualité auditive perçue par les deux interlocuteurs est parfaite (comparable à la qualité des communications sur le réseau fixe) ». Ce que le reste du monde appellera une qualité de service « normale ». Mais parfaite, ça sonne quand même mieux. On passera aussi sur le cumul de « sixième année » en rappelant que même l’ARCEP considère que toute comparaison directe est audacieuse en raison de changement dans la procédure de mesure.

Mais bref, arrêtons de faire nos enquiquineurs. Orange et SFR sont tous les deux premiers. C’est ça que la publicité veut qu’on retienne. Les modalités, c’est pour les ploucs. Reste Bouygues. Et Bouygues, lui, a moins de chances avec l’analyse de l’ARCEP : il est bon dernier sur quasiment tous les critères. Et rarement ex-æquo. Comment se tirer cette fâcheuse épine du pied ? En invoquant un autre truc qui n’a rien à voir mais qui permet à l’opérateur d’écrire aussi qu’il est le premier :

Alors, c’est-à-dire que c’est vrai que la relation client en téléphonie mobile est importante, mais ce n’est pas la chose primordiale qu’on attend de son opérateur. Surtout quand la qualité de service n’est pas là. Reste que quand il n’y a que sur ce critère qu’on arrive à être premier, on prend ce qu’on a. Et même si, en réalité, cette enquête auprès de 4000 personnes scrutaient 175 sociétés au total et que Bouygues n’arrive premier « que » dans son secteur (où le nombre de concurrents reste restreint) alors que le podium « tous secteurs confondus » récompense : Mercedez-Benz, la MAIF, Darty et Yves Rocher.

Mais on s’en fout, ce qui compte, comme disait Jacques Martin, c’est que tout le monde a gagné.

(Photo d’intro Dom Joly avec son gigantesque téléphone dans les vidéos de Trigger Happy TV)


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mercredi 15 septembre 2010

Et un moment de solitude pour la douze

Par Romain

Parce que rien ne vaut un grand moment de solitude devant une salade nicoise, Table for One, dédié à ceux qui mangent seul au restaurant.


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mercredi 15 septembre 2010

Ah, t'es mort. Ah ben non en fait.

Par Romain

Une compilation de gens presque morts, c'est un peu le rêve de Bernard Monthiel pour la case juste avant le grand prix de formule 1, non ?


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vendredi 10 septembre 2010

Longue Connexion

Par Romain

Ca vient de tomber : Hipstamatic, même ta grand-mère l'utilise (source AFP). Maintenant pour faire des photos cool, faut mettre son appareil en exposition longue devant ses albums Facebook. (source photojojo )


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mercredi 08 septembre 2010

Les meilleurs memes Internet chez Colbert

Par Romain

Un best of qui rappelle des souvenirs. Rick roll, Keyboard Cat, Trololo, La Chute...


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vendredi 03 septembre 2010

Fatty

Par Romain

Huge Parcel Prime For Development (c) Abbey Lee Sarver (via)


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mercredi 01 septembre 2010

J'avais piscine

Par Romain

Un blog honore et republie les meilleurs posts d'excuses pour ne pas avoir blogué. Ca nous rappelle le regretté "One Post Wonder", dédié aux blogs ne contenant qu'un seul post. (via)


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mercredi 25 août 2010

Cherche community ravageur

Par Romain

Quand Slate aide al-Qaida à booster son lectorat, c'est de la bombe (ici en VO)


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mardi 24 août 2010

Groove ton missile nucléaire, baby

Par Romain

Corée du Nord + Propagande + Funk = Funkaganda (via)


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lundi 23 août 2010

Au Mac Gyver Bar ce soir-là, on dansait

Par Romain

La Namibie n'a pas attendu Tumblr pour inventer des noms d'endroits golri (repêché sur Uncoached).


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lundi 23 août 2010

Saute, oh oui saute petit lapin !

Par Romain

"Le rabbit hopping, une discipline méconnue"  (merci @speude)


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