Dis-monsieur pourquoiiiiiiiii, pourquoi tu cours si viiiiite ?

1986, le RPR fait son cinéma

Par Romain

En ces jours de disette pour la majorité présidentielle, interrogeons-nous si vous le voulez bien sur la valeur du cinéma d’auteur avec La Nuit du Risque, chef-d’oeuvre de film de parti.

Réalisé par Sergio Gobbi, et pour ainsi dire financé par le RPR, ce film de 1986 nous raconte une belle histoire, une histoire d’envergure, pleine de passion et de drame, le tout sous couvert d’un thriller pour le moins molasson. Stéphane (interprété par Stéphane Ferrara) est boxeur à la retraite qui s’est reconverti après une ultime défaite (alors qu’il avait gagné le match, mais vous savez en 1986, le pays est sous la coupe des communo-soviétiques et même les matchs de boxe sont truqués) dans la surveillance et la sécurité. Il est commissionné par son employeur pour devenir le garde du corps de Robert-André Vivien au cours d’un grand meeting de Jacques Chirac quelque part (on ne sait pas où, ça n’a aucune importance pour l’histoire de toute façon). Dans ce meeting (qui a réellement eu lieu), Stéphane croise (et on sent bien que c’est un prétexte) les grands noms du RPR dont Michèle Alliot-Marie, Jacques Toubon, Charles Pasqua, Philippe Seguin et on entraperçoit l’arrivée de Jacques Chirac himself.

Le soir, après une petite sortie avec Dick Rivers, Vivien rentre chez lui et son garde du corps accompagné de son fidèle ami, Pierre-Marie, découvre que des vandales socialos-trostkystes sont en train de vandaliser les affiches du RPR. N’écoutant que son courage, les deux compères s’attaquent à ces voyous. Et après une bagarre interminable, Pierre-Marie est tué. Stéphane veut venger son ami, mais malencontreusement, il renverse l’assassin dans le métro (oui, de façon totalement accidentelle). C’est alors lui qui est recherché pour meurtre ! Un comble !

Heureusement une journaliste (très seyante) d’une chaîne de télévision privée « Canal 12″ (dont le slogan est : « la télé privée qui dit toute la vérité ») va l’aider à prouver son innocence (en substance, il se fait filmer de nuit dans les studios et s’auto-proclame non-coupable). En chemin, il rencontre le fils de la journaliste interprété par le petit Christophe et tous les deux nous chantent une chanson de générique si magnifique que vous allez nous adorer dès que vous l’entendrez.

Voici quelques extraits (passablement ennuyeux mais avec de très beaux placements produits comme une publicité en intégralité pour Aspro 500 et une autre pour Locatel – société qui permettait de louer des téléviseurs, car le téléviseur coûtait cher, sache-le, toi, le jeune) et la chanson (directement accessible à 6 minute 11 après le début) :

Ah quelle est fringante cette droite de 1986 ! Tout un avenir se dessine devant elle, le film nous promet ainsi un système de justice équitable, la fin de la paperasserie, l’humanité à tous les étages… C’est beau, touchant et il est vraiment triste que La Nuit du Risque n’ait jamais connu de sortie DVD. Il faut dire que Sergio Gobbi (qui paraît-il a été nommé un temps aux questions culturelles du RPR) ne donne plus beaucoup de signes de vie. Il est pourtant le président directeur général des Films de l’Astre spécialisé dans la coproduction franco-italienne. Mais aujourd’hui, c’est un vrai désert (j’ai honte).

Beaucoup plus d’informations et un synopsis ultra-détaillé sur le site de Nanarland.

(PS : il manque, c’est à savoir, une ultime phrase à la chanson, le petit garçon terminait en ajoutant : « mais, Stéphane, les héros ne meurent jamais »).

  • Par E. le : 24.03.2010 repondre au commentaire

    Le ralenti est magnifique, la chanson m’a émue.

  • Par pocket le : 24.03.2010 repondre au commentaire

    Ont a retrouvés la maitresse du cosmochien

  • Par Jerom le : 24.03.2010 repondre au commentaire

    A noter que l’héroïne-journaliste (sa prestation à 4’00 est indicible…) a joué dans les Filles d’à Côté dans les années 90 ; elle y était plus éxubérante, mais tout aussi mauvaise il faut hélas l’avouer.

  • Par JMeyran le : 24.03.2010 repondre au commentaire

    Bien belle occasion de (re)découvir Nanarland
    merci

  • Par toitoine le : 24.03.2010 repondre au commentaire

    J’peux comprendre qu’on ait envie de se suicider après un meeting du RPR (si on a pas de quoi se droguer à l’Aspro500)

    Par contre c’est une blague le petit rouquemoute qui s’appelle Christophe LEROUX ?

  • Par PetitSuisse le : 24.03.2010 repondre au commentaire

    Pour info, dans le film, le meeting a lieu au CNIT de la Défense.

  • Par MiB le : 25.03.2010 repondre au commentaire

    Et Ariane du Club Dorothée à la régie!

  • Par Bbbengbalou le : 25.03.2010 repondre au commentaire

    @ Jerom, Les plus attentifs auront également remarqué la présence « d’Ariane Carletti », en régie du journal de Canal 12. Je soupçonne comme des liens pas clairs avec AB…

  • Par blabla le : 25.03.2010 repondre au commentaire

    si vous faites bien attention a 4.43″, on voit Mimi-Siku se promener sur l’arriere plan.

  • Par Cappppppelllllo le : 25.03.2010 repondre au commentaire

    « et il est vraiment triste que La Nuit du Risque n’est jamais connue  »
    Doucle combo qui fait mal.

    Par Cappppppelllllo le : 25.03.2010

    Double… j’avais tellement mal que j’ai mal tapé.

    Par Romain le : 25.03.2010

    Merci. Votre intransigeance est le garant de notre excellence.

    Par Cappppppelllllo le : 26.03.2010

    Je vous en prie.
    Sans vouloir être désagréable, j’ai le sentiment que Romain est un peu le Master Elbaz Ninja de BienBienBien : il y a toujours qqn pourle bâcher.

  • Par Louis le : 25.03.2010 repondre au commentaire

    C’est amusant de terminer un article traitant du RPR par un PS!
    Uhuhuh oui, me voilà tout diverti!

  • Par Louis le : 25.03.2010 repondre au commentaire

    Il faut quand même qu’on m’explique la fin du générique :

    « -Tu es siiiii gentil, dis moi pourquoi tu pleures?
    – Parce que je vais mourir. »

    Ok, normal, il vient de se jeter dans le vide tout seul comme un grand. Sans l’aide d’aucun judéo-bolchévo-socialo-trotskyste. Quelqu’un a une explication?

    Par yenda le : 26.03.2010

    Il se suicide parce que la France judéo-bolchévo-socialo-trotskyste dans laquelle il vit est trop injuste pour lui ^

    Par Romain le : 26.03.2010

    Louis, il se suicide parce qu’il ne peut pas prouver son innocence dans cette France de traitres où les gens biens sont tenus pour coupables. (je t’ai envoyé un mail au fait).

  • Par Richard, Goth et nerd le : 26.03.2010 repondre au commentaire

    le vrai scandale, c’est que dans ces huit minutes, on loupe Dick Rivers crédité au générique.Honte.

  • Par joel ronez le : 28.03.2010 repondre au commentaire

    OMGOMGOMG !!! OMFFG !!! WHAT THE FUCK !!!!

    Enorme. Juste énorme.

    Un document, que dis-je, un incûnable ! Une rareté inestimable. Eloignez les enfants de l’écran, fermez les frontières, prenez des mesures coercitives contre Youtube, appelez Interpol, faite intervenir les conservateurs de l’INA pour un droit de préemption, que ce chef-d’oeuvre soit restauré illico et qu’il fasse l’objet d’une sortie DVD dans un boitier doré à l’or fin par nos meilleurs enlumineurs de tradition française, que des moines copistes ayant fait acte de pieté et travaillant encore à la bougie en gravent le titre et les crédits en lettres de feu sur des éditions BlueRay à la gouge à bois, et que celles ci innondent les Virgin Megastores. J’en suis tout bouleversé, je me damnerais pour avoir la version longue, quel teasing insoutenable rha vraiment c’est pas très charitable.

    Ci-desous, ma petite participation à l’exégèse:

    – il n’aura echappé à personne qu’à la cote 3″05, le jeune sportif de gauche (enfin, « assis » à gauche) affublé d’un mullet roux (une des thématiques réccurentes de l’aspect capillaire de ce videogramme) prononce la phrase suivante : « celle-la, elle a pas besoin de personne pour la protéger ». Je vous laisse méditer sur tout ça.

    – Evidemment, le ralenti coûte un maximum de points. L’adjonction de la course de la journaliste, la moumoute aux reflets de crins rougeâtres ajoute un je-ne-sais-quoi d’insoutenable. Si le héros n’avait pas choisi de sauter à la 6eme minute, c’est vraisemblablement le spectateur atterré qui l’aurait fait à sa place.

    – les petits fouineurs au regard aiguisé et bienveillant comme moi auront bien sûr noté à 7mn59, à la toute fin du générique, la mention des malheureux préposés aux « ventes à l’étranger » qui n’avaient surement rien demandé, et que je ne citerais pas ici pour ne pas en faire des proies d’indexation pour Google, ce qui ne manquerait pas de les métamorphoser illico en martyrs à la machine à Nespresso dans le bureau du fond s’ils travaillent encore dans cette industrie, les pauvres.

    Maintenant que j’ai vu ça, je peux mourrir en paix. Maintenant que je suis aveugle.

  • Par Graphiste Shane le : 29.03.2010 repondre au commentaire

    Sympa l’article, merci 
    Au passage je voulais partager une vidéo que nous avons réalisé lors du dernier salon sur le graphisme et nos métiers :
    http://www.youtube.com/watch?v=cL1Msk4I_m0&feature=player_embedded

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