Et les images, je vous les envoie en telex ?

Retour vers le futur de la presse en ligne : bienvenue en 1981

Par Dominique Willieme

Alors que la grande majorité de la presse traditionnelle essaye encore de trouver un sens derrière les joies économiques de l’interweb, le San Francisco Examiner mettait déjà sa rédaction au Web en … 1981. Avec ses copains du NY Times, du Washington Post et du LA Times, comme le montre cette vidéo de l’époque (vidéo dans le permalien)

Avec une vision claire de la chose, en plus : « We’re not in it to make money. We’re probably not going to loose a lot but we ain’t gonna make much either« .

Et le plus fabuleux dans tout ça, c’est que parmi les 3,000 possesseurs d’ordianteurs de la baie de San Fancisco (oui, trois mille), c’est un sexagénaire – au moins – qui explique à tout le monde pourquoi c’est chouette.

A la fois, 2h pour télécharger le journal pour un coût de 10 dollars (contre 0,20 pour la version papier à l’époque), il fallait bien être retraité pour avoir le temps d’essayer ça. (via)

  • Par Rosselin le : 01.02.2009 repondre au commentaire

    Extraordinaire document. A l’époque, on parlait de banque de données en texte intégral. L’ordinateur de Columbus-Ohio est-il celui de Nexis-Lexis (qui dès 1981 proposait tous les journaux américains en ligne) ? Celui de Compuserve (qui proposait déjà des forums, des chats, des news) ?

    Mais la France n’était pas en retard : le pays se lance dans la même direction en créant la Midist en 1978 (information scientifique et technique en ligne) qui va créer un serveur d’info en ligne Télésystèmes, filiale de la DGT (télécom) et financer de nombreux services d’info en ligne. Plus proche de ce reportage, c’est la Caisse des dépôts qui propose dès le début des années 80 les journaux français en texte intégral sur son « serveur », le G-CAM.

    La même année (1981), la France invente le premier service national d’information en ligne grand public, avec le minitel. Qui proposait à peu près tout ce que propose internet aujourd’hui, image et fluidité en moins. L’inauguration a lieu à Velizy, avec Tonton si mes souvenirs sont bons.

    Les journaux français, considérés comme ringard aujourd’hui, ont été en pointe, notamment en province avec les DNA, Libé, qui avait une rédaction électronique dès 82, et l’Obs avec les « chats » roses, etc.

    JR

  • Par Rosselin le : 01.02.2009 repondre au commentaire

    C’est une superbe vidéo. On appelait ça à l’époque les « banques de données en texte intégral ». La plupart des journaux américains était accessible en ligne dès la fin des années 70 sur Nexis (qui existe toujours d’ailleurs).

    Mais pour une fois, pas de quoi s’extasier. La France n’était pas en retard. Elle a eu une politique volontariste dans ce domaine dès 1978 (comme les américains d’ailleurs, dont les premiers serveurs d’info en ligne étaient militaires). L’ensemble de la presse française était aussi en ligne en 1981 (Le Monde, etc.) sur un serveur de la Caisse des Dépôts, le G.Cam. En texte intégral. L’argent venait de la DGT (France Télécom), des ministère de l’industrie, de la recherche et de l’éducation.

    En plus, pendant qu’en 81, les geeks Américains pédalaient péniblement avec leurs ordis moches, la France inaugurait (à Vélizy), le plus grand service d’info en ligne grand public jamais conçu à l’échelle d’un pays, le minitel. La presse papier était, là aussi, dans le coup, avec des services comme celui des DNA (info), de l’Obs (« chats » roses) ou Libé (avec une rédaction électronique d’au moins 10 personnes).

    Bon après, on s’est fait progressivement rattraper par les services d’info en ligne américains grand public sur PC (Compuserve, Genie, The Source, Prodigy, aol) puis l’Internet. Mais en 1981, on était en avance.

    Bref l’Histoire de l’info en ligne ne se faisait pas qu’au US.

    JR

    PS. A ce propos, il est intéressant de noter à quel point la presse papier communique mal. Elle est dans le coup à chaque fois, et pourtant toujours considérée comme ringarde. Voir à ce sujet le très intéressant papier d’écosphère. (http://ecosphere.wordpress.com/2009/01/30/crise-de-la-presse-moins-une-question-de-qualite-des-contenus-que-de-clivages-sociaux/#)

  • Par kursus le : 05.02.2009 repondre au commentaire

    Rosselin, tu viens d’inventer le double post utile…

tout pareil

Sans file d'attente et sans crétin qui bouche la vue Le musée à la maison (ou presque)

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