Grosse partouze, euh non, expérience collaborative de journalistes au Midem de Cannes

Avec un tweet, plus on est de doigts, plus on a faim

Par David Carzon

Pour le marché international de la musique (Midem) de Cannes, plusieurs journalistes ont mis de côté leur étiquette respective pour mettre en commun une matière qu’ils utilisaient peu ou pas dans leur organe (de presse, pas leur rein ou leur foie). La forme : un tweet forcément. Le résultat : un melting-pot d’infos à la cons, de coulisses, de confidentiels… En avant pour une note à la Narvic et un prolongement de la note d’hier de Vincent.

midem

L’idée est née dans un restaurant de Cannes autour d’un verre (sssss). C’est con, mais ça arrive souvent grâce à ça (le verre, pas Cannes,) même si ça me doit de me faire poursuivre par la ligue anti-alcoolisme. Trois journalistes, dont le créateur d’ElectronLibre site qui va devenir le point central de cette aventure, sont à une table, ils discutent de l’intérêt de live-blogger les conférences et les temps forts du Midem au moment même où des stars arrivent dans l’établissement : Elie Seimoun, Dominique de la Star Ac, Duffy, Matthieu Edwards de la Star Ac… Du lourd quoi. Les trois journalistes se disent en rigolant qu’ils devraient live-blogger ce moment qui n’est pas sans rappeler les grandes heures du pré-générique de « Champs-Elysées » (pour les plus jeunes, il s’agissait d’une émission de variétés présentée par Michel Drucker, oui, oui, déjà). Du coup, l’un d’entre eux commence à twitter ces conneries que les autres lui racontent et tous en viennent à la conclusion qu’ils feraient mieux d’avoir un tweet en commun. Voilà, l’idée était dans le pipe.

Le lendemain, début du Midem, tout le monde n’a pas fini de dessaouler que le compte Twitter Mideminsiders est créé et le mot de passe distribué à tous les journalistes -ou non journalistes – présents et intéressés pour participer à cette micro-aventure du micro-blogging. Le but est de partager toutes les petites ou grosses infos des conférences, les coulisses plus ou moins méchantes, tout ce qui peut être dit en off et qui finit rarement imprimés ou publiés…

Une dizaine de personnes ont joué les contributeurs, plus de quarante twitteurs les ont suivies sans compter les non-twitters et près de 150 notes ont été écrites en cinq jours. Parmi eux, des journalistes, des spécialistes de la musique, des producteurs de disques… A l’usage, ce genre de tweet représente un certain nombre d’avantages et intérêts : l’anonymat des contributeurs, à partir du moment où l’on a confiance en eux, permet de balancer des infos ou de raconter des scènes vécues qui peuvent avoir du sens sans se griller, les infos qu’on y retrouve constituent une matière qui est rarement exploitée, ou encore un journaliste qui ne peut pas matériellement assister à une conférence sera sûr de ne pas rater d’info importante en suivant le tweet. Grisant d’avoir l’impression d’exploiter un nouvel outil, d’explorer de nouvelles manières d’appréhender l’information.

Tous les twitteurs volontaires de Mideminsiders qui ont été approchés ont accepté de participer, sans se soucier des entreprises des uns ou des autres, sans histoire de concurrence ou d’exclusivité. Car tous ont eu l’impression de participer à une aventure commune, et surtout poilante, même si s’adressant clairement à un monde d’initiés. Beaucoup se sont pris au jeu, laissant des tweets à des heures plus que tardives. Plus sérieusement, certaines informations – comme la polémique entre Deezer et la Sacem ou l’arrivée de Placebo chez Pias – ont été utilisées et reprises dans des papiers les heures ou les jours suivants.

Mais il est clair que cette expérience a pu avoir lieu dans ce domaine, musique et internet, car les journalistes s’y respectent et s’apprécient professionnellement. Je doute qu’en politique, ce genre de choses soient possibles.

A suivre. J’espère.

  • Par maud le : 22.01.2009 repondre au commentaire

    Oui mon David, c’est beau comme on s’aime et on se respecte tous.
    Et on a tous bien twitté.

    Par David Carzon le : 22.01.2009

    J’ai pas dit qu’on s’aimait. Parce que moi, en vrai, je vous respecte mais je vous déteste…

  • Par damn le : 22.01.2009 repondre au commentaire

    C’est une idée m.o.r.t.e.l.l.e

    Je viens de tout lire, je l’avais pas vu pendant le MIDEM. C’est vrai qu’il faut un peu connaître mais c’est vraiment intéressant. Une couche d’info en plus quoi. Sans le gras autour, que la viande.

    Il faut recommencer et inviter des gens de confiance qui se détestent (indispensable) et qui ne pensent pas pareil mais dont on sait qu’ils ne mentiront pas sur les infos.

    Bravo, des fois, les idées les plus simples sont les meilleures

    Mon twitt d’or :
    « le problème avec EMI c’est qu’on ne sait pas à qui ça appartient », martin Rogard, DailyMotion

  • Par Celine le : 23.01.2009 repondre au commentaire

    Bravo à tous ! C’était tout simplement génial ! J’ai adoré vous suivre from Paris, comme si on y était (manquait quand même les petits verres à partager, mais je suis rassurée de constater que vous n’avez pas perdu vos bonnes habitudes :-)

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