Sans file d'attente et sans crétin qui bouche la vue

Le musée à la maison (ou presque)

Par Romain

En partenariat avec Google, le musée du Prado propose de découvrir quatorze chefs-d’œuvre tirés de sa collection permanente depuis Google Earth. Sauf qu’ici, ce n’est pas juste un détail ou une reproduction en basse définition comme la majorité des musées le propose (par exemple, la National Gallery de Londres, le Louvre, l’Hermitage et de bien d’autres comme le très obscur Katten Kabinet d’Amsterdam).

Jardin des Délices

Les quatorze œuvres sélectionnées sont en très haute résolution, de quoi découvrir les peintures comme il est impossible de les voir au cours d’une visite au musée où la distance de sécurité avec les tableaux empêche de s’approcher aussi près. D’aucuns diront même qu’on les voit trop bien ou plutôt comme on ne devrait pas les voir. Les grincheux. Car ce que propose le Prado et Google, c’est un niveau de définition pour ainsi dire scientifique. Chaque détail se repère, chaque coup de pinceau est presque visible, les craquelures, les reprises de couleurs, les corrections aussi.

Bon, il n’est pas vraiment sûr que – mis à part saluer la performance technique – le grand public y trouve un quelconque intérêt. Mais avouons que zoomer sur chaque détail du Jardin des Délices de Bosch ou approcher de près le couple peint dans le miroir derrière la jeune infante Marguerite-Thérèse des Ménines de Vélasquez procurent une certaine joie à n’importe quel amateur sans prétention.

Les Ménines

Reste à s’affranchir des problèmes de colorimétrie (du matériel de prise de vue et surtout de son écran d’ordinateur) ainsi que de son rapport à l’œuvre, car la monumentalité d’un tableau ou la précision du peintre reste un peu difficile à appréhender quand on est devant une représentation virtuelle. Cela ne remplace pas encore la fréquentation d’un musée, bien sûr, d’autant que quatorze œuvres, cela reste bien peu. Mais franchement, se prendre pendant dix minutes pour un grand historien de l’art comme Gombrich, Chastel ou Panofsky, ça n’a pas de prix.

Maxi-détail

Pour aller voir les quatorze peintures, il faut Google Earth, taper « Prado, Madrid » et il ne reste plus qu’à admirer l’une des plus belles Annonciation de Fra Angelico, un autoportrait d’Albrecht Dürer ou L’Immaculée Conception de Giambattista Tiepolo.

Sources : New York TimesGuardianHerald Tribune.

  • Par ema ou la bienveillante le : 17.01.2009 repondre au commentaire

    s’il y a les ménimes, alors j’applaudis à 3 mains.

  • Par I le : 17.01.2009 repondre au commentaire

    On peu aussi admirer les tableaux à partir de la page d’accueil de Google Map. (Un tableau dévoilé chaque jour jusqu’au 26 janvier)

    C’est absolument épatant ! (même si la dimension « visuelle » des tableaux n’y est pas. J’entends les râleurs.)

    On peut passer des dizaines de minutes à observer chaque détail du Jardin des délices (pour constater que Dada est un petit joueur), zommer sur les petites scènes de l’Annonciation, savourer malgré tout les gestes de l’artiste et les défauts de la toile.

    Pour les personnes handicapées, alitées (ou qui ne pourront jamais se payer le voyage pour Madrid), moi je trouve l’initiative absolument sensationnelle. Et tous les amateurs d’art seront contents.

    Vivement que d’autres suivent l’exemple du Prado

    Par Romain le : 17.01.2009

    Oui, enfin, surtout vivement que Google finance un autre projet vu que si j’ai bien lu, le Prado n’a pas financé l’opération (mais tout d’accord avec toi sinon).

  • Par la slavia le : 17.01.2009 repondre au commentaire

    C’est superbe, passionnant. Un remarquable complément au plaisir de voir la peinture en vrai avec sa matière.

Go

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