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Musique numérique : 5 bonnes nouvelles quand même (part. 1)

Par David Carzon

Au placard mes analyses cyniques, mes considérations pessimistes, mes attaques faciles… Place à l’enthousiasme et l’ouverture (spéciale dédicace à Dora). En me forçant un peu, j’ai trouvé cinq bonnes raisons qu’ont la musique numérique, les consommateurs et l’industrie du disque de se réjouir. Ne rêvons pas, c’est pas gagné, mais pour être honnête, je ne suis pas sûr que j’en aurais trouvées cinq à la même époque l’an dernier.

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1/ Expériences extra-utérines

En un peu plus d’un an, deux groupes et pas des moindres, Radiohead et Nine Inch Nails ont su explorer les nouvelles brèches béantes laissées par l’industrie du disque, en court-circuitant les systèmes de distribution classiques. Avec succès. On sait par exemple que pour NIN, les 2500 coffrets en version limitée à 300$ sont partis en deux jours. Concernant Radiohead, on parle de trois millions d’albums vendus tous supports confondus (digital en octobre suivi d’une sortie physique en décembre) et de bénéfices largement supérieurs aux albums précédents. Bien sûr, ce ne sont que deux ovni dans le paysage actuel (oui, je sais y’a Marillion aussi), mais il était déjà important de savoir que c’était possible.

2/ Pirates décaraïbés ?

Il faut prendre la nouvelle avec des pincettes, mais la RIAA (Recording Industry Association of America) qui représente les intérêts des maisons de disques aux USA, envisage de cesser les poursuites contre les internautes téléchargeant illégalement. Un arrêt de l’acharnement judiciaire au profit de méthodes plus « civilisées » consistant à avertir le fautif et à lui suspendre son abonnement. Ce qui n’est pas sans rappeler la riposte graduée à la française. Sauf qu’aux USA, ce sont les FAI qui vont être chargés de ça, pas l’Etat. Problème : rien n’indique dans les faits aujourd’hui un tel virage.

3/ Nique les DRM

Ce n’est pas ça qui va révolutionner l’industrie du disque, mais c’est un préalable obligé : toutes les maisons de disques, même la plus réticente, devraient abandonner cette année certains DRM qui empêchent de lire un fichier numérique sur différents supports. Il aura fallu des années de discussions et de débats, et une loi en cours de vote pour être à peu près sûr que le mouvement était irréversible, même si trop tardif. Reste à savoir si ITunes va suivre le mouvement comme Apple a promis de le faire.

4/ Money for live

Techniquement, c’est une prouesse. Artistiquement, c’est un plus. Economiquement, c’est intéressant. Oui, oui, vous ne rêvez, je suis en train de dire le plus grand bien d’une idée lancée par une maison de disques, EMI en l’occurrence. Début décembre, les spectacteurs du concert de Raphaël ont pu acheter dès la fin, 1000 clés USB contenant les fichiers audio du concert qu’ils venaient de voir. Une bonne idée qui peut répondre à une envie très concrète des gens sortant de la salle. Je ne sais pas si les fichiers étaient de bonne qualité et si les acheteurs ont été satisfaits, mais sur le papier, je trouve ça vraiment pas con.

5/ Les maisons de disques alternatives

Bon, ok, Grégoire, ça m’étonnerait qu’on le voit un jour en Concert à Emporter sur la Blogo. Mais l’expérience menée par MyMajorCompany, Spidart et autre NoMajorMusik a le mérite d’explorer des voies parallèles pour financer des artistes. Avec son titre « Toi + Moi », Grégoire a trusté les premières places des charts et les internautes qui l’ont financé ont été plus que gagnants, financièrement. Il faut désormais réussir d’autres Grégoire et pérenniser ce système. Et espérer que les internautes se prennent au jeu de soutenir un artiste et pas seulement de parier sur lui comme on jouerait à la Bourse. Parce que là, on sait ce que ça donne.

(photos cc dotbenjamin en home et geekandpoke @ flickr)

  • Par Antoine le : 05.01.2009 repondre au commentaire

    N’empêche, il a un pur loft, Grégoire.

    Par david carzon le : 05.01.2009

    trop de monde dans sa coloc…

  • Par Spone le : 05.01.2009 repondre au commentaire

    Héhé, le live sur clé USB, Jamendo avait fait ça il y a 3 ans :)

    Par Henry Michel le : 05.01.2009

    Ah oui Jamendo avait fait ça, mais avec un groupe qui faisait saigner les oreilles.

    Par david carzon le : 05.01.2009

    oui c’est vrai, là c’est le côté lancement à grande échelle qui m’intéresse.

  • Par Louis le : 05.01.2009 repondre au commentaire

    JE NE SUIS PAS D’ACCORD!!

    Ah ben non, pour une fois je suis d’accord, oubliez.

  • Par julien le : 05.01.2009 repondre au commentaire

    « Je ne sais pas si les fichiers étaient de bonne qualité et si les acheteurs ont été satisfaits, mais sur le papier, je trouve ça vraiment pas con. »
    Quand je lis ça venant d’un journaliste, je me dis « mais mince, pourquoi il ne fait pas un appel à témoins, tout ça, pour le savoir ??? C’est son « boulot », après tout ?! »

    Et bonne année :)

    Par david carzon le : 06.01.2009

    Julien, tu ouvres un grand débat : le journaliste que je suis qui bloggue sur BBB pour son plaisir personnel (et non pour son boulot), aimerait bien avoir toujours autant de moyens pour chaque de ses casquettes. J’avoue qu’en tant que journaliste, je n’ai pas encore eu le temps de me pencher sur le sujet, mais ce n’est pas pour cela que je ne peux pas l’évoquer dans une note ici. J’avoue aussi que je comptais sur la grande qualité des commentaires des lecteurs de BBB pour avoir un retour d’information. Ça s’apppelle l’interactivité. Bonne année à toi aussi.

  • Par Louis le : 06.01.2009 repondre au commentaire

    Ah merdalors, fallait faire des commentaires de grande qualité?

    Bon allez, je me force un peu.

    En extrapolant à partir de Jacques Brel, qui s’est tû à partir du moment où il estimait n’avoir plus rien à dire, est-ce qu’on ne pourrait pas imaginer que l’artiste qui n’a rien à dire, qui fait sa musique juste pour faire joli mette ces jolis titres à disposition gratuitement, mais qu’il établisse un prix correspondant à son travail, à son implication, à sa justesse à un titre dont il est fier?

    Bon, je sais, c’est utopique. Surtout qu’on se retrouverait à devoir payer un RMI à Stanislas, avec lequel il ne pourrait pas se payer Six Degrees of Inner Turbulence de Dream Theater

Go

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