Et 8 tonnes de déchets pour la 12

The Story of Stuff, l’histoire des produits (qu’on ne raconte pas)

Par Dominique Willieme

The Story of Stuff, c’est l’histoire des produits. L’histoire de la consommation et de la production. De l’extraction des matières premières a potentiel recyclage, presque tout est couvert en 20 minutes.

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Avec surtout une question (qui ne se l’est pas posée ?) : Comment peut on, aujourd’hui, acheter des postes de radio à 5 euros dans des grands magasins alors qu’un aller retour en métro pour aller dans le même magasin coûte presque le même prix ?

C’est plutôt joli et, luxe suprême car c’est suffisamment rare, la vidéo existe en version internationale sous titrée dans plein de langues, dont le français. A l’approche de Noël 20 minutes pour réfléchir un peu sur les modes de consommation actuels avant de courir faire ses emplettes (merci Mikomatic pour le lien)

Pas de mots cles pour ce post.

  • Par Louis le : 11.12.2008 repondre au commentaire

    20 commentaires sur le jeu du jeudi, et je tape le premier pour cet article… Ca ne démontre rien, mais son contraire non plus.

    J’étais prêt à incendier ce billet et cette vidéo, mais j’ai préféré attendre la fin, ce qui m’a évité de nouvelles excuses publiques. J’ai cru qu’ils allaient conclure ce grand moment d’antilibéralisme en oubliant les deux gros du dessus. je vais quand même en rajouter une bonne couche, sans arôme ni conservatisme : la politique, ce n’est pas le mal! La politique n’est qu’un pouvoir, comme le sont l’industrie, la finance, le journalisme, la justice, etc. Sauf que la politique NOUS appartient DIRECTEMENT! C’est à nous de nous la réapproprier afin qu’elle soit à nouveau du peuple, par le peuple, pour le peuple. La démocratie participative (opposée à représentative) en fait. Mais c’est vrai que tant que tout le monde s’en fout, on n’ira pas bien loin.

    J’ai aussi beaucoup apprécié le passage qui montre le tryptique infernal qu’est le très exportable American Way of Life : boulot, télé, shopping. Mais il aurait été intéressant de le reprendre à la fin pour montrer à quel point ce cycle exclusif empêche de facto de s’engager pour la protection des défavorisés, de la planète, la mise en place de réseaux de distribution locale…

    Il faut s’ENGAGER CONTRE ce système, il y aura forcément des affrontements, des douleurs, des perdants. Dieu, le père Noël et les Bisounours n’existent pas.. Mais plus on en retarde le moment, plus en souffriront. Il est plus que temps de s’y mettre, à tous les niveaux. (Par exemple, sur BBB, le tag OBAMA renvoie à 24 articles, le tag NADER est inexistant.)

    Et voici la minute de propagande personnelle : le communisme actuel (Chypre) ou le socialisme Bolivarien (Venezuela, Bolivie…) répondent aux défis écologiques et sociaux, et démocratiquement en plus! (Si.) Et s’ils ne sont pas exportables, pas parfaits, alors adaptons-les!
    Engagez vous.

  • Par Ralain le : 11.12.2008 repondre au commentaire

    Je n’avais pas l’intention de regarder cette vidéo ce soir (20 minutes c’est long, on a le temps de faire quelques exercices de relaxation après le jeu de Nora…) mais, Louis, ton commentaire m’a incité à le faire (*qu’est-ce qui peut bien pousser quelqu’un a écrire un truc si long ? *) et, without further ado, voilà ce que j’en ai pensé :

    Je suis assez d’accord pour dire qu’il y a un problème avec la consommation aujourd’hui et toute cette incitation des industriels n’arrange en rien l’affaire ; mais la vidéo, qui au début dénonce une analyse simpliste de la chaîne de consommation/production, nous donne une démonstration tout aussi simpliste et réductrice. Ça joue avec les émotions en parlant de nos bébés ; c’est alarmiste, voire limite litigieux, quand on nous parle de produits chimiques et donc toxiques (CQFD ?) ; et la répétition des mots tels « toxic » ou « chemical » mis en relation avec « reproductive mother » fait bien bourrage de crâne, essayant d’instiguer la peur dans nos petits cerveaux.
    Sur certains points le raisonnement en devient presque malhonnête. La cause me semble juste, mais je reste sceptique sur la méthode.

    A propose de ce débat politico-idéologique que lance Louis, je ne sais pas trop, mon avis est très partagé et je préfère ne pas me prononcer dessus.

    Par Louis le : 12.12.2008

    Il parait qu’un type, Hugo (Victor, pas Chavez) a un jour raconté une histoire en 3 tomes de 400 pages. (*qu’est-ce qui peut bien pousser quelqu’un a écrire un truc si long ? *). Avec mes 25 lignes, je me sens minable.

    Puisque tu es interpelé par la réflexion sur les produits chimiques, j’imagine que tu sais bien que c’est la dose qui fait le poison. Or, une dose poussée par le consumérisme rend toxique n’importe quel produit chimique, qu’il s’agisse de NaCl, de CO2, ou bien de SCN ou NH4.

    Ensuite, j’estime que la vulgarisation scientifique est la plus belle chose qui soit, après la 7e symphonie de Beethoven, la femme de ma vie qu’il me reste encore à rencontrer et la poésie hugolienne. Alors oui, on peut parler de bébés et de femmes procréatrices qui tombent malades, parce que c’est une conséquence indéniable de notre mode de vie. C’est vrai. C’est vrai aussi que les documentaires américains jouent souvent sur les sentiments, et instillent la peur dans les esprits. Parce qu’on est devant une situation urgente, où l’avenir de la planète (mais ça on s’en fout) et de l’humanité (ça c’est plus grave quand même) est en jeu. Et sincèrement, faire une métaphore grossière pour représenter l’avenir de l’humanité comme un bébé, ça ne me sembe pas inadapté.

    C’est une question de point de vue. Toujours est-il que, s’il faut faire un bilan, la malhonnêteté n’est pas tant dans ce reportage que dans toute la propagande qui entoure le consumérisme. Et quitte à user d’encore un peu de mauvaise foi, je crois que c’est indéniable.

    Quant à mes opinions politiques, au delà de la provocation évidente qu’elles contenaient, je crois que le 14 juillet 1789, le 1er mai 1886, 1936, ou mai 1968 sont là pour nous montrer que les changements radicaux de régime, de mode de pensée, ne sont pas le fait de tatillonneurs sceptiques à l’avis partagé. Je ne vois pas ce qu’il y a encore à réfléchir. On peut difficilement faire pire qu’aujourd’hui, maintenant il faut agir.

    Par Ralain le : 12.12.2008

    Je pense qu’on s’accorde à dire que le consumérisme a atteint des proportions dangereuses, mais je n’ai jamais pensé que la fin justfiait les moyens et donc qu’utiliser la même arme que ses « ennemis » (propagande etc.) pour faire passer un message est tout aussi bas. J’imagine que c’est, comme tu l’a dit, une question de point de vue.

    A propos de mes opinions politiques, je n’ai pas vraiment apprécié d’être comparé à un « tatillonneur sceptique à l’avis partagé » (peut-être cela ne m’était pas destiné), et j’ai fait l’effort d’essayer de réfléchir à la question. Je me positionne très clairement à gauche mais bien que tout ne soit pas parfait dans ce monde, je ne vois pas l’utilité d’une « révolution ».
    Je pars du principe que mon opinion n’est pas une vérité absolue et que ce qui me dérange ou me paraît choquant ne l’est pas forcément pour les personnes qui m’entourent ; c’est vrai pour mes amis ou ma famille. J’ai vraiment l’impression que les idées qui prévalent dans mon cercle d’amis sont bien représentées dans les courants politiques aujourd’hui (que ce soit dans la majorité ou « l’opposition »). Pour eux (mais aussi pour moi dans une certaine mesure) la société dans laquelle on vit n’est pas profondément mauvaise ou corrompue, et ne requiert pas une forme de révolution ou de bouleversement brutal. Je les considère comme des personnes parfaitement censées et ils sont conscients des problèmes cités dans cette vidéo.
    Je ne pense pas que l’on puisse ignorer leur avis quand tu appelles en même temps à une démocratie participative. On peut pensé qu’ils ont décidé de ne pas agir ou de fermer les yeux voire qu’ils sont trop crédules, mais c’est bien leur droit.

    J’ai l’impression de m’être égaré dans mon argumentation, mais je tiens quand même à le laisser tel quel.
    Pour finir, qu’entends-tu quand tu appelles à l’action ?

    Par Louis le : 13.12.2008

    Il n’y a évidemment pas de vérité absolue, que des points de vue. Et comme le dit le penseur, c’est plus facile de croire en Dieu quand on est né en Suisse. Et c’est vrai que pour toi ou moi ou quelques centaines de millions de personnes à travers le monde, quand on a le séant dans la ouate à longueur de journée, devant un ordi connecté au monde entier, dans des appartements thermorégulés avec le choix de manger sain, une espérance de vie de 80 ans et des prud’hommes, alors c’est facile de considérer que la société dans laquelle on vit n’est pas profondément mauvaise ou corrompue.

    Sauf que quand on y regarde de plus près, pour chaque personne qui vit ainsi, il y en a 6 (et encore, je sous-estime) qui doivent se battre tous les jours pour manger, qui bossent 15 heures par jour, qui n’ont pas d’accès aux soins, ou à la sécurité ; il y en a même devant chez toi, mais ils se cachent pour la plupart. Et quand 6 personnes crèvent pour qu’une 7e vive mieux, simplement parce que cette 7e est né au bon endroit au bon moment, je considère cet état de fait comme profondément injuste. A une époque, ce 7e larron, on lui mettait la tête au bout d’une pique, et ça nous pend au nez.

    Sur un plan personnel, je suis non-violent, pacifiste, et antirévolutionnaire. Simplement, le type qui tient un couteau devant moi, je ne vais pas le laisser me larder la rate, je vais essayer de lui péter le bras et de lui mettre une rotule en orbite. Parce que c’est vrai que je tiens pas mal à moi.

    Le climat, pour les 20 prochaines années est déjà joué, c’est inquiétant, et sans réponse immédiate, ça ne va qu’empirer. On sait que ça va provoquer d’immenses bouleversements politiques, migrations, famines, sécheresses, inondations. Finalement, comme je tiens pas mal à l’humanité, je préfère le couteau ; on a des solutions pour tenter de rééquilibrer tout ça : la taxe Tobin, la taxe carbone, la répartition juste des ressources primaires (eau, nourriture, énergie). Reste que la personne qui tient le couteau n’est pas très d’accord, puisqu’elle n’imagine pas vivre sans son profit. Et comme c’est cette personne-là qui décide des taxes et de la répartition des richesses, elle va continuer à nous débiter le rein droit en tranches fines, en se payant des armées, des services d’ordre, des milice pour nous empêcher de parvenir à nos fins. Faut pas rêver, la guerre des classes, c’est d’actualité, je n’invente rien, c’est Warren (et pas Marie-George) Buffet qui le dit : « La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter » (NY Times, 26/11/2006).

    Tu peux tendre le rein gauche de tes enfants si ça ne te pose pas de problème à la conscience, si tu préfères ne pas t’abaisser à répondre à tes ennemis par la même arme. Le pacifiste que je suis affute son couteau et ses dents, vide des bouteilles et stocke des torchons.

    Et pour répondre à ta question : quand j’appelle à passer à l’action, ça consiste pour moi au quotidien à militer, à faire de l’associatif, et surtout à lever le cul de mon entourage pour qu’ils fassent aussi de l’associatif et qu’ils cessent de mépriser la politique. Et j’estime que si chacun autour de moi en faisait autant, la prise de conscience serait faite, l’action violente serait alors inutile. Mais je préfère parer à toute éventualité.

  • Par Franck le : 11.12.2008 repondre au commentaire

    Bravo pour avoir déniché ce témoignage de quelqu’un qui sait de quoi il parle (après avoir étudié la question 10 ans, il me semble), et qui montre à quel point ce système marche sur la tête.
    Je m’en vais de ce pas le diffuser un maximum.
    Merci.

  • Par Pedro le : 13.12.2008 repondre au commentaire

    Pariel, je pensais survoler la video en râlant contre une énième connerie altermondialiste de bobo web2.0 clouded.
    Et bien non, c’est très bien foutu. Simple et poussé, efficace et sobre. Et finalement porteur d’une bonne note d’espoir 3ème millénaire yes we can green.

  • Par PankkypH le : 15.12.2008 repondre au commentaire

    Ca a l’air passionnant, mais quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi lorsque je clique sur Français, je n’ai aucun sous-titrage ?
    Merci d’avance, ça m’intéresse !

  • […] : BienBienBien Partager cet article […]

  • Par Sylva1n le : 16.12.2008 repondre au commentaire

    Ca fait un petit moment que cette vidéo tourne, mais elle est sans nul doute encore d’actualité, et risque de rester d’actualité pour encore un bon moment.
    Tant que les effets secondaires de la société de consommation restent -largement- externalisés, pourquoi est-ce que Robert Martin et Kevin Ipode se soucieraient d’autre chose que de leur pouvoir d’achat.
    Après tout, c’est un des seuls pouvoirs que l’on peut exercer sans avoir besoin du moindre brin de jugeote !

    « The Story of Stuff », en ligne depuis un an au moins, annonce fièrement « more than 4 millions viewers ».
    En un mois, « Jizz in my Pants » fait plus de 7 millions … désolé, mais pour la vision optimiste « on va s’en sortir », ce sera sans moi … on va dans le mur, bien droit, bien vite et bien fort.

    Mon conseil à 2 c€ntim€s : pour Nowël, commandez votre « kit du survivaliste », demandez à votre oncle ex-scout de vous apprendre à chasser à l’arc et à faire du feu. Ces compétences pourraient bientot s’avérer bien plus utiles qu’une parfaite maitrise de Wii-tennis !

Go

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