BBB a la solution ultime pour résoudre la crise du disque

Combien ça coûte ? Ou combien ça rapporte pas ?

Par David Carzon

«La musique, oui la musique, je sais, sera la clé de l’amour, de l’amitié», disait le philosophe. «C’est bien beau l’amour et l’amitié, mais c’est pas ça qui va mettre du beurre dans les épinards surtout quand on n’a plus de beurre», répondent les patrons des major qui ne font plus que des soustractions depuis cinq ans. Des industriels qui, depuis quelque temps, annoncent à tout va. Une semaine sans rien écrire et sans rien lire, et c’est le bordel. On ne sait plus où on est. Obligé donc de faire un petit tour d’horizon de l’actualité. Et un peu de lecture entre les lignes aussi, ça ne fait pas de mal.

myspace

Depuis jeudi, les maisons de disques ont trouvé en MySpace leur sauveur. Trois majors sur quatre (il manque EMI) viennent de signer un accord pour créer une société avec le site communautaire le plus visité du monde paraît-il. Et le Figaro de titrer : «MySpace et trois majors révolutionnent la musique». Et Le Monde de se demander : «L’industrie du disque a enfin pris la mesure de la révolution que lui impose Internet ?» Et moi, de faire des grands gestes avec les bras : « Hé les gars et les filles, vous n’en faites pas un peu trop quand même ?».

Ramenons les choses à leur juste proportion, la vraie annonce, c’est que MySpace va vendre de la musique, comme le fait déjà Itunes ou Amazon. Les majors espèrent que MySpace va transformer son importante audience en espèces sonnantes et trébuchantes, ce qu’il n’a guère fait jusqu’à maintenant. On oublie également qu’il y a même pas deux ans, Universal attaquait MySpace pour violation des droits d’auteurs. Ben oui, c’est beau l’histoire d’amour entre l’économie du disque et celle d’internet, ça ressemble à « Quand Harry rencontre Sally ».

Enfin bon, tout ça, c’est juste pour niquer Itunes. Car cette alliance ne résout pas le problème du moment : ça ne sert pas à grand-chose de multiplier les points de vente si le produit qu’on cherche à refourguer n’a plus de valeur. Et si les maisons de disques cherchent un exemple à suivre, elles devraient plutôt regarder ce qu’a fait la Blogothèque. Ça va passer pour du copinage, mais le Concert A Emporter de REM est un modèle du genre. Ça va au-delà de la promo, du marketing… La caméra de Vincent Moon a participé au processus créatif du groupe qui était en train de finaliser ses chansons et cela se voit, cela se sent, cela insuffle de la proximité entre celui qui crée, celui qui regarde, celui qui écoute. Ça crée un lien qui n’a pas de prix. Et donc qui en a un.

La récente décision de la commission copie privée de taxer à compte du 1er mai les téléphones mobiles, taxe qui sera reversée aux ayants-droits et aux organisateurs de spectacles, cherchent à contourner, sans la résoudre, cette problématique de la valeur de la musique : puisqu’on ne vend plus, on va aller chercher l’argent là où ils se trouvent. Ça donne donc la multiplication des rémunérations pour copie privée, ça donne l’augmentation des barèmes radios, ça donne l’idée en gestation de taxer les fournisseurs d’accès à internet…

Et justement pour éviter ça, les FAI jouent le dos rond. Lundi, Free a accepté de se joindre aux sociétés de gestions des droits d’auteurs et de producteurs pour demander à la justice l’autorisation de suspendre l’accès à 39 Newsgroups musicaux pour une période de 6 mois. On se doute pourquoi…

Tant qu’à faire, moi, j’ai une idée pour toutes ces industries : donnons une carte bleue aux mineurs pour leur permettre d’acheter sur internet. Avant, avec ton argent de poche, tu achetais des disques dans ton magasin. Mais payer Itunes avec du liquide, ce n’est pas évident. Il y a donc toute une frange de consommateurs qui n’a plus accès à la musique comme avant. C’est pour cela qu’il existe un système comme les cartes prépayées. Mais cela reste peu pratique. A Rochefort, un label indépendant de jazz vient d’ouvrir un concept store où on peut payer, en liquide, CDs et fichiers numériques. Allons au bout de la logique, permettons aux plus jeunes d’acheter sur internet comme les grands. Et s’ils n’ont pas d’argent pour le faire, qu’ils puissent obtenir un crédit avec des taux d’intérêts aux allures de températures estivales. Moi, je vous le dis, le surendettement peut sauver le disque.

PS : Alexandre me signale un plan arroseur/arrosé, c’est toujours marrant.

(photo : Lance Robotson by flickr/CC)

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