Y'en a qui passent même plus le bac

Nine Inch Nails réussit son émancipation… et la nôtre par là-même

Par David Carzon

A force de mettre des coups de pieds dans la porte, elle va finir par s’ouvrir en grand et tout le monde va vouloir s’y engouffrer. Après Radiohead, c’est au tour de Nine Inch Nails de montrer qu’il y a une autre voie que le classique « producteurs-maisons de disques-distributeurs-hypermarchés » pour trouver la félicité financière dans un monde qui a perdu ses repères en même temps que ses brouzoufs.

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Ayant terminé son deal avec sa major l’an dernier, le groupe de Trent Reznor a choisi de mettre en « vente » en ligne début mars son nouvel album « Ghosts I-IV » sous différentes formes : l’album de 36 titres en version numérique haute-qualité à 5$, un double CD à 10$, un version luxe à 75$, une version ultra-luxe à 300 $ et même les neuf premiers titres en MP3 en téléchargement gratuit. Là, vous allez me dire : « ça y est, il va nous annoncer que tout le monde a téléchargé le truc gratos ou dans sa version la plus pourrave à 5$… ». Et je vais vous répondre « peut-être, mais on n’a pas les chiffres ».

La vraie info, c’est surtout que les 2500 coffrets en version limitée à 300$ sont partis en deux jours. Et si vous êtes nuls en multiplication, je vous rappelle juste que ça représente la toute petite somme de 750 000 dollars. En deux jours donc, et sans compter tout le reste. Moi, je dis pas mal. Surtout qu’à lire les commentaires sous la note de Nora (welcome Nora), y’en auraient qui ont téléchargé l’album avant de l’acheter. Le truc qui n’existe pas selon les maisons de disques.

Ce qui marche à l’évidence quand on veut parler aux internautes en tête-à-tête, c’est de leur laisser une forme de choix. On ne sait pas combien Radiohead a vendu ou donné (c’est l’internaute qui fixait lui-même le prix) de version numérique de « In Rainbows », ce qu’on sait, c’est ce que ça ne les a pas empêchés de vendre des CDs physiques par la suite (moins que d’habitude mais quand même, y’en a eu des palettes de galettes vendues). Par contre, tout foutre sur le net sans se soucier de s’adapter à la demande, est vouée à un échec certain. Le même Trent Reznor s’est d’ailleurs viandé l’an dernier, en vendant en ligne, sous deux versions, l’album de Saul Williams qu’il avait produit.

Il y a un point commun à ces deux initiatives, c’est la personnalité hors norme d’un Trent Reznor ou d’un Tom Yorke. J’imagine mal un BB Brunes ou un Plasticines (au hasard) avoir le potentiel suffisant pour un impact similaire. Ça viendra peut-être… Non, je rigole, ce genre de choses va être réservé aux pointures et les (vraies) fortes têtes pour le moment.

  • Par chryde le : 06.03.2008 repondre au commentaire

    Et mieux encore ! L’édition super ultra luxe d’occasion à 1900$ sur eBay !!!!!

    Par David Carzon le : 06.03.2008

    p’tain, ça a pas traîné.
    Chryde ? Ton nom me dit quelque chose… Tu serais pas en photo dans un hebdomadaire par hasard ?

    Par chryde le : 06.03.2008

    Pute

    Par anod1 le : 07.03.2008

    Encore mieux « Nine Inch Nails a placé tout l’album (même pas seulement les 9 chansons gratuites) sous une licence Creative Commons by-nc-sa. Les 36 morceaux du volume « Ghosts I-IV » peuvent ainsi être partagés librement et gratuitement par les internautes, qui peuvent aussi exploiter les morceaux pour les remixer librement.  »
    http://www.numerama.com/magazine/2/8770-Quand-Nine-Inch-Nails-utilise-BitTorrent-et-les-Creative-Commons.html

    Par david carzon le : 07.03.2008

    merci anod1, j’avais oublié de le préciser que c’était sous licence CC

  • Par La Tortue le : 07.03.2008 repondre au commentaire

    Il y a un autre groupe qui a compris la révolution internet il y a longtemps, c’est Marillion. Depuis qu’ils ont quitté les majors du disque à la fin des années 90 ou début 2000, ils ont toujours prévendu leurs albums sur leur site. Je crois me rappeler que plus de 40 000 personnes avaient acheté l’album alors qu’ils n’étaient même pas encore en studio ! Quelle liberté alors pour eux pour pouvoir travailler ! Aujourd’hui, ils continuent sur le même principe avec des préventes d’albums, des abonnements pour recevoir des concerts en bonne qualité, …. à voir sur leur site http://www.marillion.com

    Par david carzon le : 07.03.2008

    Marillon, c’est un groupe qu’écoutait des potes du lycée quand moi, je préférais les Pixies (merde, tiens tout ça me fait penser que je suis un vieux con maintenant). Je ne pensais pas que ce groupe existait encore, surtout de manière parallèle. Merci pour l’info.

    Par La Tortue le : 07.03.2008

    euh…. je dois vraiment être un vieux con car j’écoute toujours et Marillion et les Pixies !

  • Par bituur esztreym le : 14.03.2008 repondre au commentaire

    en 1 semaine ça a fait 1,6 millions de dollars, toutes versions à la vente confondue. ça c’est vrai ça reste éservé aux pointures comme vous dites.

    mais surtout, Trent Reznor a fait un truc que Radiohead ou autres n’ont pas fait : Ghosts est diffusé sous licence CC by-nc-sa : ce que font des dizaines de milliers de musiciens depuis plusieurs années, et ce qui permet de copier, partager, rediffuser, de se réinspirer, remixer etc. (bon, certes « nc » : donc non commecialement)

    j’en causai l`. http://blog.dogmazic.net/2008/03/nin-publie-ghosts-i-iv-en-cc-by-nc-sa

Go

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