Y'en a qui téléchargent la mule

MusicMakesFriends ok ! but MusicMakesMoney too ?

Par David Carzon

L’économie de la musique est un monde surprenant depuis qu’internet est venu y foutre le bordel. Ça se lance de tous les côtés et ce n’est parfois pas sans rappeler, la grande époque de la bulle à la fin du siècle dernier. Là, cette fois, ça s’appelle MusicMakesFriends. Cette plate-forme communautaire dédiée à la musique existe déjà depuis un moment, mais aujourd’hui, elle a décidé que l’avenir, c’est l’écoute en streaming. Alors, elle y va à fond. Et elle y croit. Moi, un peu moins. Je vous raconte. C’est un peu long, mais symptomatique.

mmf

Jeudi dernier, une agence de com’ m’appelle à 20 Minutes. Je vous refais la conversation de mémoire, et en résumé :

– Bonjour, c’est vous qui vous occupez de musique et d’internet ?
– Entre autres, oui.
– J’ai un client qui va faire une importante annonce mercredi prochain. Est-ce que ça vous intéresse ?
– Euuhh ça dépend.
– Je ne peux rien vous dire, mais c’est énorme.
– Je vais avoir du mal à vous dire ce que j’en pense si je ne sais pas ce que c’est.
– Il s’agit du lancement d’une nouvelle offre originale avec comme partenaires les plus grands acteurs du marché, mais je vous en dis trop déjà.
– Vous savez, j’étais au Midem et j’ai été vacciné avec l’affaire Qtrax pour les effets d’annonce. Il faudrait que je vérifie.
– Si vous voulez, on se rencontre lundi, on vous parle sous embargo et ça vous laisse le temps de travailler.
– Ok

On se voit donc lundi et voilà de quoi il en retourne. Voilà pourquoi tant de mystère. Il s’agit de MusicMakesFriends qui lance donc une offre d’abonnement à 8,95€ par mois. Au début, comme un gros naze, j’ai cru que c’était une formule d’abonnement pour du téléchargement. En plus, la patronne du truc, elle me dit « 8,95€ c’est un tarif agressif». Moi, j’ai en tête les prix du marché, c’est à dire aux alentours de 15 euros alors je fais oui de la tête. Après, je ne sais plus bien mais je crois que j’ai demandé s’il y a des DRM. Là, on me répond que non puisque c’est du streaming.

Là, je crois que j’ai dû faire une gueule de six pieds de long, quand je me suis rendu compte que j’étais à côté de la plaque. Parce que ça change tout. En effet, au dernier Midem de Cannes, tout le monde me disait que le streaming, c’était pas rentable à ce tarif, ce que je me suis fait confirmer hier par d’autres acteurs du secteur. En gros, il faudrait que ce soit entre 3 et 5 euros pour gagner du pognon. Et que les offres de téléchargement baissent tout autant pour arriver en-dessus de 10 euros, c’est à dire le prix d’un album sur Itunes ou le prix de l’abonnement en streaming aujourd’hui.

Bon, quand je leur ai expliqué les raisons de ma perplexité, ils m’ont répondu qu’ils avaient fait des études et qu’ils répondaient à une attente. Là, tout de suite, j’ai aussi pensé à Deezer. Et c’est ce que tous mes amis ou collègues ont répondu quand je leur ai expliqué le concept de MusicMakesFriends. Ils m’ont tous dit « ben ça sert à quoi, y’a Deezer ? ».

Bon, c’est vrai Deezer, c’est pas encore tout à fait légal (c’est en cours) et la musique gratuite financée par la pub est loin d’avoir fait ses preuves. En fait, c’est l’aspect communautaire de MusicMakesFriends avec un accès gratuit à des playlists qui est de prime abord le plus attractif. Et ça, c’est financé par la pub.

Il faut savoir aussi à qui s’adresse la partie payante. MusicMakesFriends est installé plusieurs pays européens, ce qui lui donne un potentiel d’utilisateurs âgés entre 15 et 44 ans de l’ordre 85 millions de personnes. Là-dessus, il faut enlever ceux qui piratent, ceux utilisent des sites genre Deezer, ceux qui achètent (il y en a encore), ceux qui sont abonnés (il y en a de plus en plus)… et j’en oublie. Moi, j’ai fait un petit test. J’ai pris ce que j’écoute sur mon MP3 en ce moment et j’ai regardé si c’était dispo chez eux. Maigre résultat : il n’y en avait que la moitié. Donc pas pour moi.

Et pendant ce temps-là, les majors draguent Facebook !!!! La bulle on y revient, je vous dis.

  • Par vaneck le : 05.03.2008 repondre au commentaire

    « on vous parle sous embargo » ==> pourrais tu nous expliquer cette expression journalistique ^-^.
    Par contre last.fm , c’est nettement meilleur que deeze , en fait , je vois mal comment une offre payant pourrait faire mieux que ce site…

    Par david carzon le : 05.03.2008

    ben, ça veut dire qu’ils me disent tout ce que je veux savoir avant, mais qu’il faut pas que j’en parle avant le lancement officiel de l’offre, c’est à dire aujourd’hui.
    Au bout du compte, je peux choisir de briser l’embargo. Mais il faut que ça vaille le coup. Là, je ne suis pas sûr.

    Par vaneck le : 05.03.2008

    A ok, je connaissait ca sous le nom d’accord de non divulgation (par exemple pour les benchmark de produit informatique a sortir). Merci de m’avoir éclairé.

  • Par FloS le : 06.03.2008 repondre au commentaire

    « La bulle on y revient, je vous dis. »
    Je dois bien avouer que je suis aussi de cet avis. Sniff.

  • Par Fif le : 06.03.2008 repondre au commentaire

    La qualité du streaming de deezer laisse à désirer quand on touche à des artistes un peu méconnus. Si Music makehappytreefriend permet d’avoir des morceaux de qualitaµ et pas du streaming 1bit, ça peut valoir le coup.
    L’aspect communautaire du truc, à base de la musique fédère et permet de tirer son coup, par contre, pas super fan. Je ne sais pas ce qu’il pourrait apporter de plus que les réseau type Last FM ou même Deezer ou d’autres systemes moins « mainstreamesque »
    Un espece de « Stage6″ de la musique en streaming quoi.

  • Par gromain le : 06.03.2008 repondre au commentaire

    je ne comprends vraiment toujours pas pourquoi aucune offre de type « urge » n’est pas dispo en France – une offre de téléchargement en illimité, même avec drm, pour 15 euros par mois. Je serais prêt à m’abonner à ce genre de truc (catalogue suffisamment étoffé)
    Et vous ? (^^)

  • Par Frantz le : 08.03.2008 repondre au commentaire

    Une nouvelle bulle ? Peut-être… Mais la plateforme de distribution de musique idéale reste à inventer !
    Pour découvrir de nouvelles musiques, les réseau sociaux (partage de playlist) et la distribution en streaming gratuit (éventuellement financé par de la pub) semblent convenir à condition d’avoir une qualité minimum (Deezer étant souvent en dessous de la qualité minimum acceptable).
    Par contre pour se procurer les musique qu’on aime, il n’existe pas encore d’offre décente. D’abord la musique qu’on aime on l’achète, la location ou l’abonnement ne conviennent pas : on veux pouvoir la conserver et la réécouter à vie sans avoir à repasser à la caisse. Ensuite on veut pouvoir la jouer sur n’importer quel matériel, hors de question d’acheter des DRM. On veut que la qualité soit parfaite, pas question non plus d’acheter un truc dégradé par une compression destructive, LOSSLESS indispensable. C’est aussi un gage d’interropérabilité et de perennité, quels que soient les formats de fichiers que mon matériel acceptera dans plusieurs années, si mon original est lossless je pourrais le convertir au format de fichier qui sera en vigueur.
    Reste la question du juste prix, et là il faut prendre en compte de nouveaux paramètres. Le temps disponible pour écouter de la musique n’a plus augmenté depuis l’invention du Walkman. Par contre l’audiophile passionné qui achetait trois ou quatre CD par mois peut aujourd’hui télécharger une bonne vingtaine d’albums par mois, forcément chaque album est moins écouté qu’a l’époque des CD ou il était fréquent qu’on écoute un album « en boucle ».
    Il est logique que la « valeur » de cette musique suive la même courbe et que puisqu’on achète plus de musique et qu’on écoute moins chaque album on le paye moins cher.
    5 € l’album et les ventes exploseront… et en se debarassant des vampires que sont les majors les artistes gagneront à ce prix bien plus qu’en vendant bien moins de CD à plus de 20 €.

  • Par Régis le : 10.03.2008 repondre au commentaire

    Merci pour l’article.
    Tu parles dans ton billet de l’existence de sites d’abonnement musicaux… Je connais le concept, mais je n’arrive pas à mettre la main sur les gros acteurs de ce marché. Pourrais tu donner quelques exemples ?
    Merci !

  • Par John Doe le : 07.05.2008 repondre au commentaire

    HA ! HA ! HA !

    Désolé c’est plus fort que moi mais Pl_____e me fera toujours autant marrer. J’ai travaillé au développement du site qui est maintenant traité en interne.

    C’était un beau projet à l’origine qui a été masacré au fil du développement.

    Le site ce voulait WEB 2.0 mais il est très loins d’une RIA. Graphisme à ch… développement pressé par le temps et les ∞ modifications. Pourquoi ? Le site a été pensé au fil du développement.

    Je ne vais pas plus loins. Au final je suis comme vous, je n’y crois pas/plus. Il y avait du potentiel mais désormais trop de chose à revoir (qui sait …) le prix n’est qu’un détail quand l’ensemble ce veux « hyp » Regardez la mode, c’est souvent cher pour ce que c’est mais tout le monde achète ^^

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