A poser des questions sans intérêt, faut pas s'attendre à des réponses terribles

Ceux qui se sabordent ne sont pas ceux que l’on croit

Par David Carzon

pirate

L’institut CSA vient de demander aux Français (enfin à quelques-uns) ce qu’ils pensaient des mesures anti-piratage de la commission Olivennes. « Hein ? Quoi ? La commi qui ? » a dû demander une bonne partie des sondés.
Une fois qu’on leur a expliqué de quoi il en retournait, ils ont majoritairement répondu qu’ils étaient contre la suspension de l’abonnement pour ceux qui téléchargent illégalement sur le net. La preuve qu’il faut comprendre de quoi ça parle pour savoir quoi répondre puisque dans cette histoire, plus les gens sont vieux – c’est à dire au delà de 35 ans (NDLR : j’en ai 34) – plus ils sont pour cette mesure. Donc, en gros, ceux qui se sentent concernés votent contre et ceux qui se servent moins d’internet votent pour.
Je pense que si on demande aux Français ce qu’ils pensent des mesures coercitives (surtout concernant des sujets perçus comme peu graves comme le piratage), ils seront toujours globalement contre. Sauf peut-être pour le permis, puisque le conducteur franchouillard pense toujours que c’est l’autre qui conduit comme un porc (mettre veau si votre religion le demande).
Bref, une nouvelle fois, on prend le problème à l’envers, en se focalisant uniquement sous l’angle anti-piratage comme si c’était un préalable à tout le reste. C’est faux. Dans le même sondage, on apprend que les Français sont pour l’interopérabilité et la sortie simultanée des DVD et de la VoD. Franchement, qu’est-ce qui pourrait faire qu’ils soient contre ?
La question, c’est plutôt : pourquoi tout ça n’est pas déjà généralisé ? Ce que l’on présente comme des avancées est un leurre. Cela masque notre retard sur l’imbrication des modèles économiques des mondes physique et virtuel. La démarche est la même quand l’industrie du disque annonce qu’elle va déverrouiller ses fichiers musicaux en échange de la création d’une haute autorité pour lutter contre le piratage. C’est un peu comme si les constructeurs automobiles acceptaient de ne plus vendre des voitures avec le frein à main enclenché. Ça paraît tellement…normal !
Ce qu’il faudrait plutôt demander aux Français, c’est comment redonner ce qui manque aujourd’hui à la musique : de la valeur.
(photo Anabela Carvalho, by flickr)

  • Par Louis le : 18.12.2007 repondre au commentaire

    Cela masque notre retard sur l’imbrication des modèles économiques des mondes physique et virtuel

    Superbe phrase, à la fois précise et forte. Je suis admiratif :-)

    Par david carzon le : 18.12.2007

    et en plus c’est pas faux ;)

  • Par van le : 19.12.2007 repondre au commentaire

    j’suis vieille, j’suis contre et je conduis super bien (c’est quoi déjà un frein à main ?)…..

    Par david carzon le : 19.12.2007

    c’est parce que tu conduis d’une main ?

  • Par Off Topic le : 21.12.2007 repondre au commentaire

    C’est amusant. La plus grande escroquerie du siècle – selon moi :) – s’appelle la propriété intellectuelle, cette fameuse idée qu’on peut posséder – être propriétaire – d’une idée, d’une pensée. Et comble de malchance, c’est sur les produits de l’esprit – les produits immatériels – que cette escroquerie semble avoir le plus de mal à fonctionner.

  • Par gamin le : 22.12.2007 repondre au commentaire

    je dis toujours! en voiture, le con c’est l’autre!!! voila

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